Quand un drone ne peut plus compter sur le signal satellite, il lui faut une autre manière de se repérer. C’est ce genre de problème, très concret malgré son allure de science-fiction, qui mène jusqu’à Mérignac.
AspenNav, jeune entreprise américaine dont les équipes se répartissent entre Denver et Mérignac, travaille sur la navigation inertielle et la fusion de capteurs. Dans la dernière liste publiée par Invest in Bordeaux pour mars-avril 2026, elle apparaît avec 10 emplois annoncés. Le chiffre est modeste, mais le signal compte.
La Gironde n’attire pas seulement par grands sites ou par effets de vitrine. Elle continue aussi d’attirer de petites équipes très spécialisées, là où elles trouvent déjà un environnement favorable: donneurs d’ordres, sous-traitants, ingénieurs, incubateurs, clients potentiels. À Mérignac, près de l’écosystème aéronautique, spatial et défense, une entreprise comme AspenNav n’arrive pas par hasard.
La liste d’Invest in Bordeaux recense 11 décisions d’implantation ou de développement, pour 123 emplois annoncés. Ce chiffre doit être lu pour ce qu’il est: une projection, pas un bilan d’embauches. Un bureau, une école, une agence de conseil ou une entreprise incubée ne produisent pas le même effet local qu’un atelier de production. Mais l’ensemble donne une photographie utile de ce que la Gironde attire en ce moment.
Le premier fil passe par l’aéronautique, le spatial et la défense. AspenNav, Axial Drones et Orbit Ways représentent ensemble 45 emplois annoncés. Deux de ces projets passent par le Cockpit, à Mérignac, le site de Bordeaux Technowest consacré à l’aéronautique, au spatial, à la défense et à l’industrie du futur. Orbit Ways travaille par exemple sur des services embarqués pour éviter les collisions de satellites et faciliter leur désorbitation. On reste dans des équipes réduites, mais sur des sujets où la compétence compte davantage que le volume immédiat.
Autre fil visible: le numérique. Wyll, entreprise toulousaine spécialisée dans le DevOps, le cloud et la donnée, annonce 40 emplois à Bordeaux. Atelier Cyber, dont La Clé Publique a déjà raconté l’arrivée bordelaise, figure aussi dans la séquence, avec 10 emplois annoncés. Ici, le territoire ne cherche pas seulement des usines ou des sièges sociaux. Il capte aussi des services techniques, utiles aux PME, aux industriels, aux collectivités et aux entreprises déjà installées.
Les écoles complètent le tableau. IPSSI ouvre un campus bordelais autour de l’informatique, de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité. Jedha prévoit une première classe de 25 étudiants aux Hangars 16 et 17. Ces implantations ne pèsent pas beaucoup en emplois directs, mais elles disent quelque chose des besoins locaux. Attirer des entreprises ne suffit pas si les développeurs, ingénieurs cloud, profils cybersécurité ou spécialistes de la donnée manquent derrière.
La géographie est presque aussi importante que les noms. Mérignac et l’ouest métropolitain concentrent les signaux liés à l’aéronautique, aux drones, au spatial et à la défense. Bordeaux attire davantage les services numériques, les écoles et les fonctions d’appui aux entreprises. Pessac apparaît dans la continuité de cette économie technique, notamment autour de la cybersécurité.
Ce n’est pas une vague spectaculaire. C’est une addition de petites pièces: drones, navigation, satellites, cloud, cybersécurité, formation. Pour la Gironde, l’enjeu n’est donc pas seulement d’annoncer 123 emplois. Il sera de voir combien seront réellement créés, à quel rythme, et pour quels profils locaux. Les communiqués dessinent la carte. Les recrutements diront où elle se remplit vraiment.