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À Libourne, le Smicval prépare un “Market” où les objets éviteront la benne

Le Smicval du Libournais lance une nouvelle phase de travaux pour son futur Smicval Market, avenue de l’Épinette.

Objets réemployés au Smicval Market

Au 229 avenue de l’Épinette, à Libourne, d’anciens locaux industriels Mitjaville doivent bientôt changer de rôle. Le Smicval du Libournais y prépare la phase II de son futur Smicval Market: 2 000 m² d’aménagement intérieur pour créer un lieu consacré au réemploi, à la réparation et à la réduction des déchets.

L’avis de travaux, rectifié le 11 mai, fixe désormais au 19 juin 2026 la date limite de remise des offres. La durée annoncée du chantier est de douze mois. Le projet doit remplacer l’actuel pôle recyclage installé au centre technique municipal de Libourne.

Le mot “Market” peut surprendre. Il ne s’agit pas d’un centre commercial, ni d’une déchetterie simplement rebaptisée. Le Smicval décrit un pôle recyclage nouvelle génération, avec une maison des objets, un préau des matériaux, un préau des meubles et un Comptoir Répar. L’idée est simple: qu’un meuble, une planche, un outil ou un objet réparable ne parte pas automatiquement vers une benne s’il peut être donné, repris, transformé ou remis en usage.

Le modèle n’est pas entièrement nouveau pour le territoire. À Vayres, le Smicval a déjà ouvert en 2017 un “supermarché inversé”: les habitants peuvent y déposer des objets ou matériaux dont ils n’ont plus besoin, puis en reprendre gratuitement. À Libourne, le futur site semble pousser plus loin cette logique, en associant le service déchets à des activités de réparation, d’artisanat, d’upcycling, d’alimentation durable ou de mutualisation d’outils et d’espaces.

C’est là que le chantier prend son intérêt. Le réemploi fonctionne moins bien lorsqu’il reste une bonne intention abstraite. Il devient plus crédible quand il a une adresse, des horaires, des espaces lisibles et des usages évidents. Le parcours promis est plus clair: déposer, reprendre, réparer, apprendre, faire circuler.

Le Smicval a d’ailleurs lancé un appel à manifestation d’intérêt pour trouver des porteurs de projets capables d’occuper et d’animer une partie du futur lieu. Les documents évoquent environ 1 500 m² de bâti et 1 000 m² d’extérieurs, avec un loyer indicatif compris entre 8 et 12 euros hors taxes par m² et par mois. Le site ne sera donc pas seulement un équipement technique. Il devra aussi accueillir des acteurs capables de faire vivre les objets avant qu’ils ne deviennent des déchets.

En Gironde, d’autres dossiers récents ont porté sur la remise à niveau d’équipements plus classiques, comme la future déchetterie route de Créon. À Libourne, le sujet est un peu différent. Le Smicval ne promet pas seulement de mieux trier. Il prépare un lieu où la benne ne serait plus toujours la solution la plus simple.