À Martignas-sur-Jalle, la semaine commencera par un goûter. À Bègles, par un jeu dans un foyer restaurant. À Massugas, par un loto-spectacle. En Gironde, la lutte contre l’isolement des aînés avance souvent par ces portes modestes: une salle communale, une table partagée, une lettre, une visite, une raison de ressortir.
Cette mobilisation, organisée par le Département et Monalisa Gironde, se tiendra du 1er au 6 juin. Le programme ne cherche pas seulement à sensibiliser. Il essaie de faire connaître les relais qui existent déjà, et d’en faire naître d’autres là où une personne âgée peut peu à peu ne plus être vue.
Les formes varient beaucoup selon les lieux. À Martignas-sur-Jalle, un “mur du lien” sera accompagné d’un goûter convivial. À Bègles, le foyer restaurant Ambroise Croizat accueillera un jeu autour de l’isolement. À Pessac, une pièce de théâtre-débat parlera de cohabitation intergénérationnelle. À Carcans, une rencontre présentera les équipes citoyennes. À Bordeaux, des enfants écriront à des seniors suivis par des volontaires d’Unis-Cité. Dans le Pays foyen, le programme passera aussi par Sainte-Foy-la-Grande, Pellegrue, Massugas ou Margueron, avec discussions sur la retraite, adaptation du logement et portes ouvertes en résidence autonomie.
Cette diversité n’est pas un détail. L’isolement ne se repère pas à un seul guichet. Il peut tenir à la santé, aux transports, à la perte d’un conjoint, à l’arrêt des sorties habituelles, à une commune moins desservie ou à un voisinage qui ne sait plus très bien comment intervenir. En 2022, selon l’Insee, 28,9 % des Girondins de 65 à 79 ans vivant en ménage habitaient seuls. Chez les 80 ans ou plus, la proportion atteignait 47,7 %. Vivre seul ne veut pas dire être isolé, mais cela donne la mesure du lien à maintenir.
C’est là que Monalisa Gironde intervient. L’association indiquait en octobre 2025 être passée de 13 équipes citoyennes actives jusqu’en 2023 à 62 équipes et près de 100 partenaires. Ces équipes ne remplacent ni les familles, ni les aides à domicile, ni les travailleurs sociaux. Elles peuvent, en revanche, organiser des visites, des appels, des moments collectifs et faire circuler une inquiétude vers les bons relais. À Créon, le Département cite par exemple 24 bénévoles mobilisés auprès de 54 personnes âgées.
Le sujet se distingue de celui de Gironde Autonomie, qui vise surtout à mieux orienter les personnes âgées, les personnes handicapées et leurs proches. Ici, la question est plus discrète: comment éviter qu’une absence devienne normale avant même qu’une demande d’aide soit formulée?
La semaine du 1er au 6 juin peut servir à cela si elle ne reste pas un simple agenda. Pour les familles, les voisins ou les habitants qui s’inquiètent, les portes d’entrée les plus simples restent le centre communal d’action sociale de la commune, l’agenda des aînés et des proches aidants du Département, ou Monalisa Gironde, joignable à gironde@monalisa-asso.fr.
Un voisin peut signaler une inquiétude; il n’a pas à devenir travailleur social. La première alerte, parfois, c’est simplement une absence remarquée. Le progrès, c’est de savoir à qui la transmettre.