Entre la rue Général-de-Larminat et la rue du Tauzin, le futur bus express va d’abord se voir par des travaux: réseaux déplacés, chaussées reprises, stations à préparer, trottoirs et carrefours à reprendre. Bordeaux Métropole vient d’attribuer à Guintoli un marché de 17,19 M€ pour aménager ce secteur AU1 de la future ligne Pellegrin-Thouars-Malartic, entre la place Gaviniès et le giratoire Tauzin-Galliéni.
L’étape est moins visible qu’un bus neuf, mais elle compte davantage pour les rues concernées. La ligne n’est plus seulement un tracé reliant Pellegrin, la Médoquine, le campus, Thouars et Malartic, avec une branche vers Gradignan et une autre vers Villenave-d’Ornon. Elle entre dans la rue par ses dessous et par ses bords: l’eau, le gaz, l’électricité, le téléphone, Internet, puis les quais, les cheminements, les traversées et les espaces plantés.
Les lettres de chantier déjà publiées par Bordeaux Métropole donnent la logique du moment. Avenue de Thouars, station Château de Thouars, avenue Pierre-Proudhon, Arts et Métiers, Malartic, Raba-Léon ou Tauzin, le projet commence par les réseaux. Avant de réaménager la surface, il faut déplacer ce qui passe dessous. Pour les riverains et les usagers, c’est souvent cette phase qui rend le projet réel: accès maintenus mais modifiés, travaux par secteurs, habitudes de circulation à ajuster.
La future ligne I est annoncée comme un bus express électrique, avec 23 stations, environ 24 000 voyageurs attendus par jour et une fréquence cible de cinq minutes en heure de pointe sur le tronc commun. Le principe paraît plus souple qu’un tramway: pas de rails, pas de ligne aérienne prévue en ville. Mais un bus express performant ne se contente pas d’ajouter des véhicules sur une ligne existante. Il demande des priorités aux carrefours, parfois des voies dédiées, et donc des choix très concrets sur la place donnée aux bus, aux voitures, aux vélos, aux piétons et au stationnement.
Autour de Pellegrin et du Tauzin, ces choix comptent particulièrement. Le secteur concentre des trajets qui ne sont pas tous négociables: patients, personnels hospitaliers, étudiants, salariés, riverains, cyclistes, secours, livraisons. La promesse finale est de mieux relier le sud-ouest métropolitain à des pôles déjà très fréquentés. Le test immédiat sera plus simple: rendre les travaux compréhensibles, maintenir les accès utiles et éviter que le chantier ne désorganise inutilement les trajets du quotidien.
Après le baromètre des mobilités de Bordeaux Métropole, qui montrait des évolutions modestes et très localisées, cette ligne donne un exemple plus matériel de ce qui change dans les déplacements. Ici, la mobilité ne progresse pas d’abord dans les statistiques, mais dans une suite de bordures, de carrefours, de réseaux déplacés et de stations à construire.
Les documents récents de chantier parlent d’une mise en service en 2028, tandis que la page projet de Bordeaux Métropole évoquait encore une fenêtre fin 2027-début 2028. Entre Gaviniès et Tauzin, la ligne I commence donc par son vrai premier service aux voyageurs: une rue refaite assez clairement pour que le futur bus puisse y circuler mieux que les autres.