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Gironde Autonomie veut aider les familles à trouver la bonne porte

Le Département met en avant Gironde Autonomie pour mieux orienter personnes âgées, personnes handicapées et proches aidants.

Illustration - Famille devant un guichet social

Un parent sort de l’hôpital et ne peut plus rester seul. Une famille cherche une aide à domicile dans le Médoc. Un proche doit remplir un dossier handicap, mais ne sait plus très bien où finit le rôle de la mairie et où commence celui du Département. En Gironde, beaucoup de parcours d’autonomie commencent ainsi: non par une grande question médicale ou sociale, mais par un doute très pratique. Qui appeler ?

C’est ce doute que Gironde Autonomie veut réduire. Le 27 avril, la deuxième conférence girondine de l’autonomie a présenté le programme d’actions de ce service public départemental, pensé pour les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et leurs proches. L’enjeu n’est pas d’ajouter un nom de plus dans un paysage déjà chargé. Il est de rendre le premier pas plus clair.

Le besoin est massif. Le Département rappelle qu’un Girondin sur quatre a plus de 60 ans, que le nombre de personnes de plus de 80 ans devrait augmenter d’environ 60 % dans les quinze prochaines années et qu’un Girondin sur treize a un droit ouvert auprès de la Maison départementale des personnes handicapées.

La pression se voit déjà dans les dossiers. En 2024, la Maison départementale des personnes handicapées de la Gironde a reçu 45 299 dossiers, soit 6,27 % de plus qu’en 2023. Le délai moyen de traitement est descendu à 5 mois et 1 jour, contre 6 mois et 8 jours l’année précédente. C’est une amélioration réelle. C’est aussi encore long quand une famille attend une orientation, une aide ou une décision qui conditionne le quotidien.

Gironde Autonomie s’inscrit dans un cadre national, mais son intérêt se jouera localement. L’idée n’est pas qu’un guichet unique absorbe toutes les demandes. Elle est plutôt que les acteurs se parlent mieux: Département, Maison départementale des personnes handicapées, agence régionale de santé, communes, associations, services sociaux, établissements et acteurs du domicile.

Pour un usager, la différence paraît modeste. Elle peut pourtant compter. Ne pas raconter dix fois la même situation. Ne pas être renvoyé d’un service à l’autre. Savoir si l’on cherche une information, une aide financière, une évaluation, une orientation vers un établissement ou un soutien pour un proche aidant. Sur le terrain, cette continuité est souvent ce qui manque.

Le Département promet aussi des réponses plus proches du terrain, avec des comités territoriaux où doivent notamment se retrouver maires, associations et structures médico-sociales. En Gironde, ce détail compte. L’accès à un service ne se vit pas de la même manière à Bordeaux, sur le Bassin, dans le Libournais, le Médoc ou le Sud-Gironde. Une plateforme ou une information en ligne peut aider. Elle ne remplace pas toujours la personne qui décroche, connaît les relais locaux et sait traduire une situation familiale en démarche concrète.

Le test sera donc assez simple. Gironde Autonomie ne créera pas à lui seul des professionnels, des places, des heures d’aide ou des réponses médicales là où elles manquent. Mais il peut éviter qu’une partie de l’énergie des familles soit perdue dans la recherche du bon interlocuteur.

Dans un système où les droits existent souvent avant d’être trouvés, ce serait déjà un progrès très concret: moins de personnes renvoyées d’une porte à l’autre au moment où elles ont le moins de temps pour chercher.