La Gironde cherche des projets capables d’aider les personnes âgées à rester autonomes plus longtemps. Le Département a ouvert le 27 avril un appel à initiatives 2026 pour soutenir des actions de prévention de la perte d’autonomie, mais aussi des projets destinés aux proches aidants. Les candidats ont jusqu’au 18 juin pour déposer leur dossier.
L’enjeu dépasse largement le formulaire administratif. En Gironde, près d’un habitant sur quatre a plus de 60 ans, soit plus de 400 000 personnes. En France, plus de 2 millions de seniors étaient déjà en perte d’autonomie en 2021, et les projections approchent 2,8 millions au début des années 2050. Le département ne peut donc pas seulement financer la dépendance une fois installée. Il doit aussi soutenir ce qui retarde les ruptures: les chutes, l’isolement, l’épuisement des familles, la perte de mobilité, le renoncement aux sorties ou aux soins.
C’est le cœur de cet appel. Les projets attendus peuvent relever de l’activité physique adaptée, de la prévention santé, de la nutrition, du lien social, de l’aide au numérique, de la mobilité, de l’adaptation du quotidien ou du soutien aux aidants. Rien de spectaculaire, mais souvent très concret. Un atelier qui évite une chute. Un transport qui rend possible une activité. Un groupe qui sort une personne de l’isolement. Une formation qui aide un conjoint à tenir sans s’épuiser.
La Gironde a déjà une base d’action. En 2025, la conférence des financeurs, l’instance qui coordonne les soutiens publics à la prévention de la perte d’autonomie, a accompagné 259 actions dans le département. Parmi elles: 68 autour de l’activité physique adaptée, 46 sur le lien social et 30 en direction des proches aidants. Les centres communaux d’action sociale, les associations, les communes, les maisons de retraite médicalisées et les structures médico-sociales sont donc au premier rang.
La vraie difficulté sera territoriale. À Bordeaux et dans la métropole, les services, les associations et les transports sont plus nombreux. Dans le Médoc, en Haute-Gironde, dans le Libournais ou en Sud-Gironde, une action utile peut devenir inaccessible si elle est trop loin, mal desservie ou mal connue. Pour toucher les personnes âgées isolées, la prévention devra être proche, lisible et ancrée dans les lieux ordinaires: mairie, salle communale, association locale, maison des solidarités, cabinet de santé, club, médiathèque.
Le volet aidants est tout aussi décisif. La France compte 8,8 millions d’adultes proches aidants, auxquels s’ajoutent environ 500 000 mineurs. Entre 55 et 64 ans, près d’une personne sur quatre aide régulièrement un proche. En Gironde, après les outils de repérage comme l’Aidantomètre, la question devient plus opérationnelle: que propose-t-on à celles et ceux qui ont compris qu’ils étaient aidants, mais manquent de temps, de relais et parfois même de mots pour demander de l’aide?
Un appel à initiatives ne suffira pas à absorber le vieillissement du département. Mais il peut financer des réponses utiles avant le point de rupture: des actions proches, bien identifiées, capables de maintenir une mobilité, un lien, un relais familial ou une habitude de prévention.