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En Gironde, l’Aidantomètre a un seul vrai mérite: faire sortir les proches aidants du flou

La Gironde met en avant l’Aidantomètre pour aider les proches aidants à repérer l’épuisement et accéder à des relais concrets.

Illustration - proche aidant cherchant du répit

En Gironde, l’Aidantomètre a un seul vrai mérite: il force à nommer ce que beaucoup laissent filer trop longtemps. Le document mis en ligne par le département ne promet pas de miracle. Il pose des questions simples: est-ce que le rôle d’aidant attaque le sommeil, la santé, les loisirs, la vie sociale, le travail? Son code vert, jaune, rouge est rudimentaire, mais il vise juste. Il sert à repérer le moment où l’aide donnée à un proche commence à déborder sur le reste.

Ce repérage répond à une réalité massive. En France, 9,3 millions de personnes déclaraient en 2021 aider régulièrement un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie, dont 8,8 millions d’adultes et 500 000 mineurs. En Gironde, le département estime que 101 841 adultes et 9 747 jeunes de moins de 19 ans sont concernés. Entre 55 et 64 ans, une personne sur quatre est aidante. Et 58 % des aidants sont aussi en emploi. Le sujet ne relève donc pas d’un petit public spécialisé. Il traverse la famille, le travail et la vie ordinaire.

Le coût social, lui, n’a rien d’abstrait. En Nouvelle-Aquitaine, une enquête de 2024 auprès d’aidants en activité montre que 63,9 % jugent leur situation pesante ou proche de l’épuisement, 54 % disent qu’elle a des répercussions négatives sur leur travail, et près d’un sur deux a déjà renoncé ou retardé des rendez-vous médicaux. Sur sa propre page d’information, la Gironde rappelle aussi que 37 % des aidants déclarent au moins une conséquence sur leur santé mentale et 9 % sur leur santé physique. Derrière le mot “aidant”, il y a donc du stress, des soins repoussés, des horaires tordus et parfois une fatigue qui s’installe sans bruit.

C’est pour cela que l’Aidantomètre n’a de sens que s’il débouche sur quelque chose. Le département renvoie vers une plateforme Accueil Autonomie, des points d’accueil de proximité, un moteur de recherche d’actions locales, des activités gratuites pour les aidants de personnes âgées et des solutions de relais ou de répit. L’annuaire national du service public de l’autonomie recense de son côté trois plateformes d’accompagnement et de répit en Gironde, à Saint-Savin, Bordeaux et Pessac. L’outil devient utile à partir du moment où il mène à un contact réel, pas quand il distribue simplement une couleur.

Le bon angle n’est donc pas de saluer un questionnaire de plus. C’est de voir s’il aide enfin des proches à sortir du flou. Quand on commence à rogner sur son sommeil, ses soins, son travail ou sa vie sociale pour tenir auprès d’un parent, d’un conjoint ou d’un enfant, il ne s’agit plus seulement de générosité familiale. Il faut un relais. En Gironde, l’Aidantomètre peut être un bon point de départ. À condition qu’il serve à faire passer un aidant du constat à l’appui concret.