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Budget 2026 de la Gironde: où le département choisit vraiment d’absorber le choc

La Gironde vote un budget de 1,8 milliard d’euros sous forte contrainte, avec priorité aux solidarités et maintien ciblé des investissements.

Budget et services publics girondins

Budget 2026 de la Gironde: où le département choisit vraiment d’absorber le choc

En votant un budget 2026 de près de 1,8 milliard d’euros, la Gironde n’a pas cherché à lisser la situation. Elle affiche d’emblée un déséquilibre prévisionnel de 107,7 millions d’euros, en faisant remonter dans les comptes 76,9 millions hérités de 2025 et 86,3 millions de dépenses sociales jusque-là décalées, notamment autour du revenu de solidarité active. Le choix est clair: montrer la contrainte maintenant plutôt que la repousser. Cela ouvre une nouvelle séquence de contrôle budgétaire par l’État, mais cela ne change rien, par exemple, au versement du revenu de solidarité active aux allocataires.

Cette mise à plat dit surtout ce qu’est devenu un département: d’abord une grande machine de protection sociale. En Gironde, 63,7 % des dépenses relèvent désormais des solidarités. La protection de l’enfance pèse 353,3 millions d’euros. Viennent ensuite l’insertion et le développement social, 348,3 millions, dont 286 millions pour le revenu de solidarité active, puis 313,3 millions pour le handicap et 167,5 millions pour les personnes âgées. Le département prévoit encore une hausse du nombre d’allocataires du revenu de solidarité active en 2026. Et l’État ne couvre qu’une partie de la facture: 50,5 % pour le revenu de solidarité active, 55 % pour l’allocation personnalisée d’autonomie et 27 % pour la prestation de compensation du handicap.

La Gironde n’est pas un cas isolé. Partout en France, les départements encaissent la hausse des besoins sociaux avec des marges de plus en plus étroites. Les aides sociales aux personnes âgées ou handicapées ont représenté 19,1 milliards d’euros en 2023, en hausse de 5,8 % sur un an. Dans le même temps, la situation financière des départements s’est tendue. Leur taux moyen d’épargne brute n’était plus que de 7,6 % en 2024, tout près du seuil d’alerte. Autrement dit, les besoins montent plus vite que l’air disponible dans les budgets.

Le point notable en Gironde est que tout n’est pas sacrifié au colmatage. Le département programme 161,9 millions d’euros d’investissements. Il maintient 37,6 millions pour les collèges, 50,2 millions pour le logement et l’amélioration de l’habitat, 35,6 millions pour les mobilités, dont 9,3 millions pour le RER girondin. Mais la contrepartie est nette. Le plan de retour à l’équilibre impose 54 millions d’euros d’économies. La collectivité prévoit 200 suppressions de postes en 2026. Côté associations, les subventions de moins de 1 000 euros disparaissent et les baisses peuvent aller jusqu’à 50 %, avec un tri selon la trésorerie, les emplois et l’utilité sociale.

Le budget 2026 dit donc quelque chose de très concret aux Girondins. Les gros filets de sécurité restent en place. Les collèges, le logement, les routes et une partie des transports continuent d’avancer. Mais l’argent devient plus rare pour ce qui entoure le cœur social, plus dur à arbitrer, plus exigeant pour les communes, les associations et les opérateurs qui dépendent du département. Ce n’est pas un budget de relance. C’est un budget de tri, de maintien et de priorités assumées. Dans le contexte actuel, cela dit clairement ce que le département choisit de tenir.