La Gironde ouvre un appel à projets pour installer et exploiter des centrales photovoltaïques sur vingt sites de son domaine public, avec une date limite fixée au 6 juillet 2026 à 17 heures. Le portefeuille regroupe quatorze collèges, cinq centres routiers départementaux et un centre technique à Canéjan. On y trouve des sites à Saint-Loubès, Bègles, Rauzan, La Brède, Monségur, Langon, Lège-Cap-Ferret, Andernos ou Cenon. Le plus gros gisement annoncé dans l’annexe atteint 400 kilowatts-crête au collège Éléonore-de-Provence à Monségur.
L’enjeu n’est pas de parsemer quelques panneaux sur des toits publics. Le département veut des candidats capables de traiter un portefeuille entier, en justifiant toute exclusion de site. Les opérateurs peuvent répondre seuls ou en groupement, mais ils devront assumer les études, les autorisations, le raccordement, les travaux, l’exploitation et la maintenance. La durée d’occupation pourra aller jusqu’à trente ans. En échange, le département percevra une redevance avec une part fixe d’au moins 20 centimes hors taxes par mètre carré solarisé et une part variable liée au chiffre d’affaires. C’est un montage industriel et patrimonial, pas une opération de communication verte.
Le tri se fera d’abord sur la capacité à exécuter. Dans la grille de sélection, la qualité technique pèse 25 %, devant la solidité financière à 20 % et la durée d’occupation avec le niveau de redevance à 15 %. La puissance installée ne compte que pour 10 %. Le message est limpide : dans ce type de marché, les beaux volumes promis comptent moins que la capacité à tenir un dossier compliqué, avec des toitures hétérogènes, des bâtiments en service, des contraintes de sécurité et un raccordement crédible. Ce cadre favorise les acteurs solides ou les groupements bien montés, pas les candidatures improvisées.
Le département demande aussi des retombées locales réelles. Les candidats devront détailler le volume de financement citoyen ou participatif mobilisé auprès des communes et des habitants de Gironde, ainsi que le nombre d’heures de travail réservées, pendant les travaux et l’exploitation, à des personnes en difficulté sociale ou professionnelle. Le solaire public n’est donc plus seulement une affaire de production électrique. Il devient aussi une question de financement local, d’activité économique et d’usage du patrimoine public.
La Gironde avance sur un terrain déjà massif. Fin 2024, elle était, avec les Landes, le département le plus équipé de France en solaire. Et la pression réglementaire va encore pousser les toitures et les parkings : les grands parkings existants devront progressivement être couverts d’ombrières solaires, tandis que certaines toitures neuves ou lourdement rénovées devront intégrer une part croissante de production d’énergie renouvelable ou de végétalisation. La vraie question n’est donc plus de savoir si le solaire progresse. Elle est de savoir qui saura brancher, financer et faire tourner ces sites publics sans raconter d’histoires.