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Au château de Gaillon, cinq centimètres de marge pour un escalier de huit tonnes

Au château de Gaillon, la pose d'un escalier de huit tonnes a commencé par le toit : neuf éléments métalliques, cinq centimètres de marge et un grutier guidé à la voix.

Illustration - Escalier suspendu au-dessus du château

Le mercredi 28 octobre, au château de Gaillon, une pièce métallique suspendue à une grue a lentement disparu dans une ouverture pratiquée dans le toit de l’aile des cuisines. Elle appartient à un nouvel escalier en colimaçon de huit tonnes, trop volumineux pour entrer par les portes. À l’endroit le plus étroit, il ne restait que cinq centimètres de marge.

Un grutier qui travaille à l’aveugle

Depuis sa cabine, située à 26 mètres de l’ouverture, Maxence Fournier ne voit pas précisément où descend sa charge. Il doit se fier aux instructions données depuis le chantier.

Au bout de la flèche de 38 mètres, la pièce doit franchir une ouverture trapézoïdale de 4,50 mètres, découpée après dépose des ardoises et d’une partie de la charpente. Une cheminée se trouve juste à côté. Le vent doit rester faible : le moindre balancement complique la manœuvre.

« Le vrai artiste, c’est lui ! », lance Clément Chabin, chef d’équipe de l’entreprise Schaffner, en désignant le grutier.

La pièce doit descendre sans toucher les murs ni la toiture du monument.

L’escalier mesure neuf mètres de haut et se compose de neuf grands éléments métalliques. Le premier a franchi la toiture le 28 octobre. Les huit autres devaient suivre jusqu’au 30 octobre, avant environ trois semaines d’assemblage, selon le calendrier annoncé par l’Agglomération Seine-Eure.

Pourquoi créer un huitième escalier ?

Le château possède déjà sept escaliers, restaurés dans le cadre du chantier. Le huitième doit relier les espaces réaménagés de la Grant Maison et de l’aile des cuisines.

À la jonction des deux bâtiments, le projet prévoit aussi de conserver deux escaliers existants, chacun accompagné d’un ascenseur.

Près du futur salon de thé, le nouvel escalier desservira notamment les salles de médiation du premier étage, puis les espaces de séminaire et les bureaux situés au-dessus.

Dans ce château façonné à la Renaissance pour le cardinal Georges d’Amboise, le huitième escalier est ainsi le seul entièrement nouveau.

La structure métallique est installée par Schaffner, entreprise spécialisée basée à Strasbourg, sous-traitante de Fameto, implantée à Boulleville dans l’Eure. Une fois les pièces assemblées, des éléments de chêne et de noyer viendront habiller le nouvel escalier.

Lorsque les visiteurs emprunteront cet escalier, ils ne verront plus l’ouverture pratiquée dans la toiture. Mais c’est par là que sa première pièce est entrée, sous les indications données à Maxence Fournier depuis le sol.

Sources consultées
  1. Agglomération Seine-EureUn escalier dans les airs
  2. Château de GaillonLes travaux de restauration en cours
  3. Ministère de la Culture, DRAC NormandieLe château de Gaillon