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Eure : nitrates au-dessus du seuil dans tout ou partie de 14 communes

Femmes enceintes et nourrissons doivent éviter l’eau du robinet dans tout ou partie de 14 communes. En 2025, l’eau distribuée sur cette unité approchait déjà le seuil de 50 mg/L.

Réseau d’eau potable dans l’Eure

Ce jeudi 1er octobre, la page opérationnelle du SERPN continue de présenter comme active la consigne sanitaire dans le secteur d’Écardenville-la-Campagne. Les femmes enceintes et les nourrissons concernés ne doivent pas utiliser l’eau du robinet pour boire ou préparer des aliments après le dépassement de la limite de 50 mg/L de nitrates signalé la veille par l’Agence régionale de santé. La page du syndicat, consultée jeudi matin, continue de recenser les secteurs concernés et d’organiser un approvisionnement en eau embouteillée. Les autres habitants peuvent continuer à consommer l’eau normalement.

Neuf communes sont concernées entièrement : Écardenville-la-Campagne, Épégard, La Haye-du-Theil, La Neuville-du-Bosc, Rouge-Perriers, Saint-Meslin-du-Bosc, Sainte-Opportune-du-Bosc, Thibouville et Vitot. La restriction ne couvre qu’une partie d’Harcourt, La Pyle, Le Bosc-du-Theil, Le Troncq et Nassandres-sur-Risle. À Harcourt, le SERPN désigne par exemple le secteur sud-ouest ; à Nassandres-sur-Risle, l’ancienne commune de Perriers-la-Campagne. Les rues et lieux-dits des autres communes sont détaillés sur la page « Qualité de l’eau » du SERPN.

Le syndicat demande aux femmes enceintes et aux familles avec un nourrisson de moins de deux ans concernées de se faire connaître auprès de ses services, avec leur référence de contrat et un justificatif. Le SERPN indique qu’une bouteille d’eau par jour et par personne est fournie gratuitement aux publics concernés par l’intermédiaire des communes.

La carte de cette restriction paraît étrange si on la regarde commune par commune. Elle l’est beaucoup moins lorsqu’on suit les tuyaux. Une unité de distribution regroupe des habitants recevant une eau de même origine et de qualité homogène. Le SERPN explique ainsi que deux rues voisines peuvent relever de consignes différentes simplement parce qu’elles ne sont pas alimentées par la même source. Le rapport annuel 2025 de l’ARS identifie précisément la ressource souterraine de la Vallée de la Haye, à La Neuville-du-Bosc, dans l’alimentation de l’unité d’Écardenville-la-Campagne.

Le dépassement annoncé cette semaine survient sur une eau qui était déjà proche du seuil. En 2025, vingt mesures de nitrates effectuées sur l’unité d’Écardenville-la-Campagne donnaient une moyenne de 45,01 mg/L et un maximum de 48,70 mg/L, juste sous la limite réglementaire de 50 mg/L. Aucun dépassement de nitrates n’avait alors été relevé sur cette unité, même si d’autres non-conformités, liées aux pesticides, étaient suivies.

Cette proximité avec le seuil rejoint un problème identifié plus en amont. Le bassin d’alimentation du captage de La Neuville-du-Bosc est classé prioritaire par l’État et présenté par le SERPN comme vulnérable aux nitrates et aux produits phytosanitaires. Sur ses quelque 68 km², environ 80 % des surfaces sont agricoles. Un programme de réduction de l’azote restant dans les sols après les cultures y est engagé depuis plusieurs années. Pour la campagne 2024-2025, ce reliquat collectif atteignait 82 unités d’azote, contre un objectif fixé à 60, avec 33 parcelles ayant atteint cet objectif.

Ces données ne permettent pas d’attribuer le dépassement de septembre à une exploitation ou à une pratique précise. Elles montrent en revanche que la vulnérabilité de la ressource était connue et suivie avant l’alerte actuelle. Le SERPN indique plus largement que les concentrations de nitrates augmentent dans certaines nappes de son territoire malgré les actions de prévention. Les nitrates présents dans les eaux souterraines peuvent avoir plusieurs origines humaines, notamment agricoles, urbaines ou industrielles ; aucune origine précise du dépassement déclencheur n’a été publiée pour Écardenville-la-Campagne.

La limite de 50 mg/L explique la consigne ciblée. Au-dessus de cette valeur, les autorités protègent en priorité les populations les plus sensibles, notamment les nourrissons et les femmes enceintes. L’alerte du 30 septembre n’est donc pas une interdiction générale de boire l’eau pour l’ensemble des habitants du réseau. Elle marque le passage d’une eau distribuée déjà proche de la limite à une situation où une partie de la population doit disposer d’une autre eau pour ses usages alimentaires.

Deux informations restent déterminantes et ne sont pas encore publiées dans les éléments accessibles : la concentration exacte qui a déclenché la nouvelle consigne et sa durée probable. Le prochain seuil utile pour les habitants sera donc moins une nouvelle annonce qu’un résultat d’analyse permettant à l’ARS et au SERPN de maintenir, modifier ou lever la restriction. Dans l’immédiat, la frontière à connaître n’est pas celle de la commune, mais celle du réseau qui alimente son adresse.

Sources consultées
  1. SERPNQualité de l’eau
  2. Agence régionale de santé NormandieQualité des eaux destinées à la consommation humaine, rapport annuel 2025 du SERPN
  3. SERPNLe BAC de la Neuville du Bosc
  4. InfoNormandieEure : l’eau du robinet déconseillée aux femmes enceintes et aux nourrissons dans plusieurs communes