
À Beaumont-le-Roger, le problème d’assainissement ne tient pas seulement à ce qui sort de la station d’épuration. Il commence dans les canalisations qui l’alimentent. Le 16 septembre, l’État a mis l’Intercom Bernay Terres de Normandie en demeure de remettre le système en conformité. Jeudi 24 septembre, le conseil communautaire doit examiner l’attribution du marché de réhabilitation des réseaux d’eaux usées de la commune.
Le dossier est ancien. Pour l’exercice 2024, le rapport officiel sur le service d’assainissement classait déjà la station de Beaumont-le-Roger non conforme en raison des « surcharges hydrauliques subies au cours de l’année ». Il précisait que la réhabilitation du réseau était engagée. La station est dimensionnée pour 4 400 équivalents-habitants ; le service comptait alors un peu plus de 1 200 abonnés.
Ces surcharges donnent une clé assez inhabituelle du problème. Un réseau d’eaux usées peut recevoir trop d’eau sans que cette eau soit elle-même polluée. Dès 2022, l’Intercom identifiait des « eaux claires parasites », notamment des infiltrations susceptibles d’entrer dans les conduites et d’augmenter inutilement les volumes envoyés vers la station. Le programme inscrit cette année-là prévoyait la réhabilitation ou le chemisage d’environ 1 000 mètres de réseau afin de réduire ces apports, alors associés à des by-pass vers le milieu naturel. L’estimation était de 650 000 euros HT de travaux, mais ce chiffre vieux de quatre ans ne constitue pas le montant du marché qui doit être attribué en 2026.
Une station peut disposer d’une capacité théorique suffisante et traiter correctement une partie de ses effluents tout en étant mise en difficulté par ce qui se passe plusieurs centaines de mètres en amont. Quand de l’eau de nappe ou de pluie s’introduit dans un réseau censé transporter des eaux usées, elle occupe de la capacité, augmente les volumes à pomper et à traiter et peut contribuer aux débordements lors des périodes les plus chargées.
La remise en état n’a donc pas commencé avec l’arrêté préfectoral de septembre. En avril 2025, l’Intercom lançait déjà un marché de maîtrise d’œuvre en indiquant que le système de collecte nécessitait « d’importants travaux de réhabilitation ». La procédure actuelle marque le passage vers les travaux eux-mêmes.
Les éléments préfectoraux accessibles ne permettent toutefois pas d’établir que les eaux claires parasites constituent l’unique motif de la mise en demeure du 16 septembre.
Jeudi, le conseil communautaire doit se prononcer sur l’attribution du marché de réhabilitation, pour intervenir là où une partie du problème se joue : sous les rues, dans le réseau d’eaux usées.
Sources consultées
- Préfecture de l’EureRecueil spécial N°27-2026-277 du 18 septembre 2026
- Intercom Bernay Terres de NormandieConseil communautaire du 24 septembre 2026
- Observatoire national des services publics d’eau et d’assainissementRapport annuel sur le prix et la qualité du service public de l’assainissement collectif 2024
- Agence nationale de la cohésion des territoires / Intercom Bernay Terres de NormandieContrat de relance et de transition écologique
- Bulletin officiel des annonces des marchés publicsMaîtrise d’œuvre pour la réhabilitation des réseaux d’eaux usées sur la commune de Beaumont-le-Roger