
Jeudi 24 septembre, la crue sera fictive, mais trois évacuations auront bien lieu. De 10 h à 17 h, Ézy-sur-Eure, Ivry-la-Bataille et Garennes-sur-Eure participeront à un exercice grandeur nature : les résidents de trois campings seront évacués, les plans communaux de sauvegarde activés, des centres d’accueil ouverts et FR-Alert déclenché.
Ces communes n’ont pas été choisies pour fournir un décor crédible au scénario. Toutes trois sont couvertes par le plan de prévention du risque d’inondation de l’Eure moyenne, approuvé en 2011 et concernant 29 communes. Ce PPRI inscrit le risque de crue dans les règles d’urbanisme et d’aménagement de la vallée. Jeudi, l’exercice testera l’autre volet du dispositif : ce qui doit se passer lorsqu’il faut alerter et protéger des personnes.
C’est le rôle du plan communal de sauvegarde. Il organise les mesures immédiates de protection, la diffusion des consignes, les moyens disponibles et l’accueil de la population en cas de crise. Dans une commune couverte par un PPRI, ce plan est obligatoire. Le Code de la sécurité intérieure prévoit également qu’il soit testé au moins une fois tous les cinq ans, en associant si possible la population.
L’exercice permettra ainsi de faire fonctionner plusieurs maillons du dispositif en même temps. Les communes activeront leurs plans de sauvegarde et leurs centres d’accueil. À Évreux, la préfecture ouvrira son centre opérationnel départemental ainsi qu’une cellule d’information du public. La journée testera donc l’organisation de crise plutôt que des ouvrages de protection : sa capacité à transformer une alerte en décisions, en accueil et en évacuations.
FR-Alert en sera la manifestation la plus visible. Les téléphones 4G et 5G présents dans le secteur pourront recevoir un message indiquant les conduites à tenir face à une inondation et portant explicitement la mention « exercice ». La préfecture prévient que sa diffusion peut dépasser les limites des trois communes. À l’exception des résidents des campings concernés, aucune action ne sera demandée. Le dispositif ne nécessite ni inscription ni application et peut produire un signal sonore même lorsque le téléphone est en mode silencieux.
Organisé dans la perspective de la Journée nationale de la résilience du 13 octobre, cet exercice complète, sur un autre bassin, le travail de préparation aux inondations engagé autour de l’Iton à Évreux. Dans la vallée de l’Eure, le test sera plus immédiat : jeudi, les plans devront aboutir à un geste bien réel, l’évacuation des résidents de trois campings.