
Aux Authieux, dans le sud de l’Eure, Laurent Guitel a récolté 400 kg de graines de moutarde sur quatre hectares en 2026. L’année précédente, il n’avait rien récolté. Ces deux campagnes résument assez bien ce que signifie fabriquer une moutarde quand on commence par faire pousser soi-même la graine.
L’agriculteur, installé aux Authieux depuis 1997, cultive sa moutarde en agriculture biologique. Parmi ses principaux adversaires figure le méligèthe, un petit coléoptère qui s’attaque aux boutons floraux. Laurent Guitel dit avoir essayé plusieurs moyens pour limiter les dégâts, des macérations végétales aux huiles essentielles, ainsi que la plantation de coriandre à proximité des parcelles.
Une fois les graines obtenues, le travail continue sur l’exploitation. Elles sont triées trois fois, puis mises à macérer plusieurs semaines dans du vinaigre de cidre normand avant d’être broyées. Terre d’Authieux commercialise ainsi une moutarde nature et plusieurs déclinaisons, notamment au calvados, à l’estragon, au curcuma ou au miel. L’exploitation produit également des huiles de colza et de chanvre.
Une mauvaise campagne peut ainsi faire disparaître la récolte dont dépend l’atelier. Les 400 kg récoltés cette année arrivent après une campagne 2025 entièrement perdue.
Laurent Guitel n’est pas pour autant le seul Normand à produire de la moutarde à partir de graines régionales. D’autres producteurs et transformateurs, notamment en Seine-Maritime et dans l’Eure, cherchent eux aussi à cultiver ou utiliser des graines normandes.
Depuis le 5 septembre, la moutarde des Authieux a aussi gagné un nouveau débouché : Laurent Guitel vend ses produits sur le marché d’Évreux. Après les semis, les méligèthes, le tri et les semaines de macération, la récolte 2026 poursuit ainsi son parcours jusqu’à l’étal du marché d’Évreux.