
À Alizay, VPK vient d’inaugurer 80 millions d’euros d’investissements : 60 millions pour une usine de granulés de bois et 20 millions pour un entrepôt automatisé de bobines de papier. La première peut produire 120 000 tonnes de granulés par an et a créé 20 emplois, selon l’Agglo Seine-Eure. Mais sa particularité tient surtout à ce qui se trouvait déjà sur place : un site papetier, une centrale biomasse et de la chaleur résiduelle disponible.
L’inauguration ne correspond d’ailleurs pas au démarrage de l’usine. Le système de récupération de chaleur fonctionne depuis octobre 2024 ; la ligne de granulés a été mise en route à chaud en octobre 2025, les granulés ont obtenu la certification DINplus le mois suivant, puis la ligne d’ensachage est devenue opérationnelle en décembre. L’installation est donc en exploitation industrielle depuis plusieurs mois.
Pour fabriquer des granulés, le bois doit notamment être broyé puis séché avant d’être comprimé. À Alizay, cette étape utilise une partie de la chaleur contenue dans les fumées de la centrale biomasse exploitée par BEA, auparavant rejetée dans l’air. VPK prévoit de traiter environ 200 000 tonnes de bois par an pour une capacité de 120 000 tonnes de granulés, vendus aux industriels comme aux particuliers. Le groupe prévoit aussi d’en utiliser pour sa production de carton à la place du gaz.
Cette configuration doit beaucoup à l’histoire récente du site. VPK a acquis l’ancienne papeterie d’Alizay en juin 2022 et converti sa machine, auparavant consacrée au papier bureautique, à la fabrication de papier recyclé pour carton ondulé. La centrale biomasse fournit déjà de la vapeur au complexe industriel. L’usine de granulés ajoute donc une nouvelle utilisation à des équipements et des flux de matière déjà présents sur le site.
Le deuxième investissement complète cette mécanique côté papier. Pour 20 millions d’euros, VPK a construit un bâtiment automatisé de 110 mètres de long et 35 mètres de haut, capable de stocker 20 000 tonnes de bobines qui alimentent ensuite les lignes de fabrication de carton ondulé.
Le projet n’invente pas le granulé de bois. Son intérêt tient à l’assemblage, sur un même site, de flux déjà présents : le bois alimente la chaudière ou la granulation, la chaleur récupérée sert au séchage et les bobines alimentent les onduleuses. La capacité de 120 000 tonnes reste pour l’instant une capacité annoncée, VPK ne publiant pas encore de volume annuel effectivement atteint.
Sur l’ancien site Double A, la reconversion engagée depuis quatre ans comprend désormais une ligne de granulés dimensionnée pour 120 000 tonnes par an et alimentée en chaleur récupérée sur le même complexe industriel.