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Cinq morts en six jours : le bilan routier de l’Eure s’aggrave depuis juin

Le département compte 24 morts sur ses routes depuis janvier, contre 14 au 19 juin. Les données ne permettent pas encore d’identifier une cause commune.

Illustration - Route départementale dans l’Eure

Cinq personnes sont mortes en six jours sur les routes de l’Eure. Le 10 septembre, le préfet Xavier Delarue a porté à 24 le nombre de décès routiers depuis le début de l’année. Dans le bilan publié le 19 juin avec son plan départemental de sécurité routière, la préfecture en recensait 14. En moins de trois mois, dix décès se sont donc ajoutés au bilan.

Parmi les accidents mortels survenus pendant cette période récente, trois montrent des lieux et des profils d’usagers très différents. Le 30 août, sur la RD124 à Thénouville, une collision entre deux voitures a tué un père de 35 ans et son fils de 7 ans. Le 1er septembre, un homme de 31 ans circulant sur un deux-roues est mort après une collision avec une voiture sur la RD6015 à Igoville. Deux jours plus tard, une conductrice de 21 ans a perdu la vie dans un choc frontal avec un poids lourd sur la RD613 à Claville. Dans ces trois accidents, les enquêtes étaient encore chargées d’établir les circonstances précises.

Mortalité et nombre d’accidents n’évoluent pas nécessairement ensemble. L’Eure en a déjà fait l’expérience en 2024 : 434 accidents corporels avaient fait 590 blessés, deux indicateurs en baisse par rapport à 2023, tandis que 42 personnes avaient perdu la vie. C’était le bilan le plus meurtrier enregistré dans le département depuis 2016.

Pour 2026, la préfecture publie des baromètres mensuels d’accidentologie, actuellement disponibles jusqu’en juillet. Les prochains, à commencer par celui d’août, permettront de distinguer une hausse plus générale des accidents corporels d’une concentration de collisions particulièrement graves. Le message du préfet cite la vitesse, l’alcool, les stupéfiants et le téléphone parmi les comportements à risque, mais ne les attribue pas individuellement aux cinq décès récents.

L’État suit l’accidentologie, coordonne la prévention et mobilise gendarmes et policiers pour les contrôles ; les gestionnaires de voirie peuvent agir sur les carrefours, les chaussées, la signalisation ou les limitations. Dans l’Eure, le Département a notamment relevé à 90 km/h la vitesse autorisée sur certaines sections de routes départementales par 324 arrêtés pris le 9 février. Les informations disponibles sur les accidents récents ne permettent pas de les relier à ces sections : ce choix devra être évalué à partir des données locales.

Le bilan de 24 morts reste inférieur aux 42 décès de 2024, mais sa progression depuis juin marque une nette dégradation. Les prochains baromètres permettront de savoir si l’été a détérioré l’ensemble des indicateurs ou surtout la gravité de certaines collisions, et de mieux identifier les axes ou types d’accidents sur lesquels concentrer les interventions, de la RD124 à Thénouville à la RD6015 d’Igoville et à la RD613 de Claville.

Sources consultées
  1. Préfet de l’EureMessage du 10 septembre 2026 sur la mortalité routière dans l’Eure
  2. Préfecture de l’EurePlan départemental d’actions de sécurité routière (PDASR)
  3. Préfecture de l’EureBilans 2026 de l’accidentologie dans l’Eure
  4. Ministère de l’Intérieur, réponse publiée par l’Assemblée nationaleMortalité sur les routes de l’Eure, question écrite n° 698
  5. InfoNormandieUn père et son fils de 7 ans tués dans une collision à Thénouville, dans l’Eure
  6. Tribunal administratif de RouenVitesse maximale autorisée dans l’Eure : le juge des référés rejette la demande de suspension pour défaut d’urgence