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À Lormais, un forage neuf ne suffit pas à sécuriser l’eau potable

Après la panne de Lormais II en 2019, Seine-Eure a construit un forage de remplacement et engagé une interconnexion pour rendre l’alimentation en eau moins vulnérable.

Illustration d’un forage d’eau potable

Sept ans après la panne de Lormais II, le dispositif qui doit remplacer ce forage avance aux Trois Lacs. Un arrêté préfectoral du 2 septembre autorise désormais l’Agglo Seine-Eure à exploiter Lormais III et à y prélever de l’eau. Mais la sécurisation du secteur ne repose pas sur ce seul nouvel ouvrage.

Lormais II est à l’arrêt depuis juillet 2019. L’Agglo avait constaté une baisse de productivité et un fonctionnement anormal lié à sa conception, sans possibilité de le régénérer ou de le réhabiliter. Pour maintenir l’alimentation, le secteur d’Aubevoye avait alors été alimenté provisoirement par Lormais I. Le forage de remplacement, Lormais III, a été créé en 2024 ; à la fin de cette année-là, les démarches administratives nécessaires à sa mise en service étaient encore en cours.

L’arrêté du 2 septembre autorise donc l’exploitation et le prélèvement sur Lormais III, sans suffire à établir sa mise en service complète. Il couvre Lormais III et quatre autres forages à Courcelles-sur-Seine, Port-Mort et aux Trois Lacs. Un second arrêté concerne trois ouvrages à Acquigny, Cailly-sur-Eure et Pinterville. Sur ces huit forages, sept figuraient déjà parmi les ressources exploitées par Seine-Eure en 2024. Lormais III est le seul nouvel ouvrage de cette liste.

En 2024, le service exploitait quinze ressources, toutes souterraines, et produisait 7,15 millions de m³ d’eau. Lormais I avait à lui seul produit 563 536 m³. Quand un captage tombe durablement, maintenir l’alimentation dépend donc aussi de la possibilité de faire venir l’eau d’un autre secteur.

C’est précisément ce que Seine-Eure construit entre Pinterville et Lormais. En décembre 2025, l’Agglo a attribué pour 975 856 euros HT une première tranche d’interconnexion entre les deux unités de distribution. Son schéma directeur avait identifié les deux secteurs comme insuffisamment sécurisés : en cas de panne, d’accident ou de pollution sur une ressource, l’eau doit pouvoir arriver par une autre branche du réseau. Une deuxième phase prévoit un château d’eau.

Le 27 août, quelques jours avant l’arrêté préfectoral, l’Agglo a aussi confié pour 48 660 euros une étude de redéfinition de la déclaration d’utilité publique et des périmètres de protection de Lormais III, prévue sur deux ans.

À Lormais, le remplacement d’un forage défaillant aura ainsi demandé bien davantage que de creuser un nouveau puits : une nouvelle ressource, des autorisations, sa protection et une liaison avec Pinterville. Lormais III existe depuis 2024 ; l’Agglo a engagé son interconnexion avec Pinterville, tandis que ses périmètres de protection sont encore en cours de redéfinition.

Sources consultées
  1. Préfecture de l’EureRecueil spécial N°27-2026-262 du 02 septembre 2026
  2. Agglo Seine-EureRapport annuel du service public de l’eau potable et de l’assainissement 2024
  3. Agglo Seine-EureRapport annuel du service public de l’eau potable et de l’assainissement 2023
  4. Agglo Seine-EureConseil communautaire du 18 décembre 2025