
À Glos-sur-Risle, SNCF Réseau travaille depuis le 1er juin à l’intérieur du tunnel de Glos-Montfort, un ouvrage de 814 mètres construit il y a environ 160 ans. Jusqu’au 30 octobre, 165 mètres doivent être consolidés dans cette première phase. Coût de l’opération : 8,3 millions d’euros, études comprises.
La somme ne finance ni une ligne nouvelle, ni des trains plus rapides, ni davantage de circulations. SNCF Réseau annonce un objectif plus discret : maintenir les performances de l’ouvrage et prolonger sa durée de vie d’environ cinquante ans.
Pour y parvenir, les équipes fabriquent en quelque sorte une nouvelle peau à l’intérieur de l’ancienne maçonnerie. Après nettoyage et reprises locales, 18 tonnes de treillis et d’armatures sont posées avant la projection d’une couche de béton d’environ 10 centimètres. Près de 2 800 m² doivent ainsi être traités. Une vingtaine de personnes interviennent sur le chantier.
Le calendrier dit aussi beaucoup de la contrainte ferroviaire. Les travaux ont lieu principalement la nuit, du lundi au samedi, entre 21 h 30 et 6 heures, afin de laisser circuler les trains en journée. Le tunnel appartient à la ligne Serquigny-Oissel, maillon de l’axe Rouen-Caen. On répare donc l’infrastructure tout en continuant à l’utiliser.
À Glos-sur-Risle, ces 8,3 millions d’euros donnent la mesure du maintien d’un ouvrage ancien : une intervention coûteuse et peu visible pour conserver les performances du tunnel et prolonger sa durée de vie, sans transformer la desserte.
La Région Normandie paie 71,5 % de la facture, l’État 20 % et SNCF Réseau 8,5 %, dans le cadre du contrat de plan État-Région 2021-2027. La Région finance ainsi majoritairement des travaux sur une infrastructure nationale dont dépendent les trains régionaux qu’elle organise.
Le tunnel de Glos-Montfort n’est d’ailleurs pas traité comme un cas isolé. En 2026, SNCF Réseau intervient aussi sur plusieurs sections de l’axe Rouen-Caen, notamment à Serquigny, où des aiguillages et plus de deux kilomètres de voie ont été renouvelés. Le chantier de Glos-sur-Risle rejoint ainsi une série d’opérations de régénération sur le même axe.
À la fin octobre, le résultat sera difficile à remarquer depuis un train. À l’intérieur du tunnel, pourtant, 165 mètres de voûte auront été renforcés pour faire durer encore plusieurs décennies un passage ferroviaire ouvert depuis le XIXe siècle.