
Rock in the Barn donnera ses derniers concerts vendredi 11 et samedi 12 septembre dans le parc du château des Tourelles, à Vernon. Après 17 éditions, l’équipe arrête un festival qui aura passé une bonne partie de son histoire à changer de forme pour continuer d’exister.
Il naît en 2010 sur la Grande Île, à Giverny, avec une ligne qu’il conservera jusqu’au bout : faire venir dans l’Eure des groupes indépendants français et étrangers, souvent avant qu’ils ne soient largement connus. En 2017, le festival perd l’accès à son terrain d’origine après son rachat par un investisseur. Plutôt que disparaître, il déménage à la ferme de Bionval, à Vexin-sur-Epte. Rock in the Barn retrouve alors littéralement ses granges.
La crise sanitaire impose une autre adaptation. L’édition 2020 fait partie des rares festivals français maintenus cette année-là. En 2021, la formule habituelle laisse place à cinq soirées dans cinq lieux autour de Vernon, imaginées par Martin Carrière, cofondateur et programmateur. Le festival quitte temporairement Bionval et devient itinérant.
En 2023, la perte d’une subvention impose un nouveau déplacement. « La perte d’une subvention nous force à changer d’emplacement », expliquait alors Yves Garrot, président de l’association. Vernon accueille Rock in the Barn aux Tourelles et noue un partenariat avec son équipe, composée de bénévoles. Le changement est aussi humain : Agathe Plaisance prend la direction après Martin Carrière, tandis que Léna Guerard assure la programmation. Le festival revient ainsi au bord de la Seine, là où son histoire avait commencé.
Trois ans plus tard, l’équipe choisit cette fois de ne pas inventer une quatrième formule. Pour annoncer la fin, elle évoque un « contexte économique de plus en plus exigeant » et l’envie d’explorer d’autres horizons. La situation dépasse Vernon : en 2025, 79 % des festivals interrogés par le Centre national de la musique disaient avoir rencontré des difficultés, financières dans huit cas sur dix.
La dernière affiche reste fidèle au goût de Rock in the Barn pour les détours plutôt que les évidences : Crows côtoiera notamment La Mante et les jeunes artistes issus du tremplin du festival. Le samedi sera gratuit de 14 h à 18 h, et les billets pour le reste du week-end sont disponibles sur la billetterie officielle de Rock in the Barn.
Samedi soir, après dix-sept éditions entre une île, une ferme et un château, La Beauté du Diable jouera le dernier set de Rock in the Barn au pied des Tourelles.