
À Pont-Audemer, la Maison d’enfants à caractère social Saint-Germain-Village doit survivre à son gestionnaire. Ses 48 places pour des jeunes de 6 à 18 ans doivent être reprises par un nouvel opérateur. Les candidats à la reprise seront auditionnés à partir du 31 août. Une décision est prévue fin septembre, pour un transfert d’autorisation à compter du 1er janvier 2027.
Cette procédure intervient après plusieurs années difficiles pour l’association qui gère l’établissement. Le Département situe le début de sa dégradation financière en 2020. Un contentieux sur la tarification 2023 porte notamment sur un déficit cumulé d’environ 750 000 euros. Après des injonctions en novembre 2024, la MECS a été placée sous administration provisoire en juin 2025. La situation s’est encore dégradée à la fin de l’année, avec le départ de la direction. En décembre, le Département a prolongé cette administration afin, écrit-il, de prévenir « toute rupture de la continuité de service ».
Le 24 avril 2026, il a finalement décidé la cessation définitive de l’activité sous son gestionnaire actuel et engagé le transfert de l’autorisation. Ce mécanisme permet aux 48 places de ne pas disparaître avec le gestionnaire actuel : un autre organisme peut reprendre l’autorisation et poursuivre l’accueil.
L’Eure recensait en moyenne 1 964 enfants confiés sur les dix premiers mois de 2024. Pour 2025, le Département avait inscrit 20,8 millions d’euros pour l’hébergement en maisons d’enfants à caractère social. Ces établissements ne sont donc pas périphériques à la protection de l’enfance départementale : pour les placements en établissement, le Département fixe un prix de journée et paie l’hébergement.
À Pont-Audemer, la crise financière explique aussi la manière dont le successeur sera choisi. Les aspects financiers du projet comptent pour 30 % de l’évaluation. La compétence et la capacité financière du repreneur représentent également 30 %, devant la qualité du projet et sa capacité de mise en œuvre, chacune notée à 20 %. Les candidats ont été invités à étudier les comptes, les emprunts, les actifs et passifs ainsi que le diagnostic des administrateurs provisoires avant de déposer leur projet.
Le Département ne cherche donc pas seulement un organisme capable d’assurer l’accompagnement éducatif. Après plusieurs années de déséquilibre, il lui faut aussi un opérateur capable de faire tenir durablement l’établissement.
Le nombre et l’identité des candidats n’ont pas été rendus publics. Le calendrier prévoit leurs auditions jusqu’au 15 septembre, puis le choix du repreneur à la fin du mois. Si le transfert intervient comme prévu le 1er janvier, sa réussite se mesurera aussi à ce que les 48 jeunes accueillis en ressentent le moins possible les effets dans la continuité de leur prise en charge.