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À Bourg-Achard, des cépages résistants passent du test à la bouteille

Le Domaine Leprince vend ses premières cuvées à Bourg-Achard. Deux vendanges montrent ce que les cépages résistants peuvent apporter à une vigne bio normande.

Illustration - Vignes et bouteilles à Bourg-Achard

À Bourg-Achard, le Domaine Leprince vend désormais quatre vins blancs issus de sa première récolte à volume significatif. Muscaris, Sauvignac, Soreli et Fleurtai sont proposés à 19 euros la bouteille dans la boutique du domaine. Environ 4 000 bouteilles ont été produites au printemps 2026 selon le Réseau européen de la PAC.

L’année précédente avait donné un tout autre résultat. Plantées à partir de 2022, les vignes avaient connu une première vendange en 2024, mais le gel et une météo défavorable avaient fortement réduit la récolte. En 2025, les conditions ont été suffisamment meilleures pour atteindre les objectifs de production du domaine.

Ces deux millésimes montrent à la fois l’intérêt du choix technique du Domaine Leprince et sa limite. Les variétés retenues ont été sélectionnées pour leur résistance au mildiou et à l’oïdium, maladies favorisées par l’humidité et responsables d’une partie importante des traitements de la vigne. L’Observatoire national des cépages résistants d’INRAE confirme ces caractéristiques pour les variétés cultivées à Bourg-Achard, avec des niveaux de résistance différents selon les cépages.

L’intérêt est particulièrement lisible en agriculture biologique. Le ministère de l’Agriculture estime qu’à l’échelle nationale, l’emploi de cépages résistants au mildiou et à l’oïdium réduit d’environ 80 % le nombre de traitements phytosanitaires par rapport aux autres cépages. Ce chiffre n’est pas une mesure réalisée à Bourg-Achard, mais il donne l’ordre de grandeur recherché par la sélection variétale.

Sur le terrain eurois, la fiche consacrée au projet par le Réseau européen de la PAC rapporte qu’en 2024 les quatre variétés n’ont présenté aucune maladie et n’ont pas nécessité de traitement supplémentaire. La récolte a pourtant été mauvaise. La résistance au mildiou ou à l’oïdium ne protège pas les grappes d’une gelée ou d’une saison défavorable.

Les cépages résistants ne sont pas une invention locale : INRAE en suit déjà le déploiement en France et plusieurs variétés étrangères figurent au catalogue national. Le Domaine Leprince en teste l’usage commercial dans le Roumois, une zone où la viticulture reste peu établie, avec une exploitation conduite en agriculture biologique.

Le vignoble s’appuie aussi sur un équipement de vinification installé sur place. Un ancien bâtiment agricole a été transformé en chai avec pressoir, cuves et matériel de vinification. Selon EU CAP Network, l’ensemble du projet représente environ 351 000 euros d’investissement, dont près de 134 000 euros de financements européens, nationaux et régionaux.

Après l’essai contrarié de 2024, le millésime 2025 donne ainsi au vignoble son premier test commercial. À Bourg-Achard, quatre vins blancs issus de ces cépages résistants ont désormais quitté les rangs de vigne et les cuves : ils sont sur les étagères de la boutique.

Sources consultées
  1. Vignoble LeprinceVins blancs Normandie – Nos produits
  2. EU CAP NetworkCréation d'un vignoble biologique en Normandie : le Domaine Leprince
  3. INRAE – Observatoire national du déploiement des cépages résistantsLes variétés résistantes
  4. Ministère de l’AgricultureLe catalogue officiel des variétés, qu’est-ce que c’est ?