
Au parc Saint-Louis, une licorne de trois mètres mêle ferraille, béton, fibres végétales et curcuma. Au jardin botanique, une chouette en rocaille de ciment voisine avec un cactus en résine époxy. Jusqu’au 20 septembre, la deuxième Biennale d’art contemporain d’Évreux déploie ses propositions artistiques dans des jardins, sur des places, dans des équipements culturels et au musée.
Le parcours est temporaire. Mais la première édition, organisée en 2024, a déjà montré qu’une Biennale pouvait laisser quelques morceaux d’elle-même dans la ville.
À Saint-Michel, Germination 022 J de Philippe Desloubières se dresse depuis juillet 2025 sur la place Aimé-Doucerain. Haute de trois mètres, cette sculpture rouge avait été présentée lors de la première Biennale avant d’être sélectionnée par la Ville pour une installation permanente. Plus près du centre, six œuvres de Jean Zabukovec sont désormais fixées sur des stèles le long de la promenade de l’Iton. Ce parcours permanent est lui aussi né à l’occasion de l’édition 2024, à partir d’œuvres données à la ville par le sculpteur, dont l’Usine à Zabu se trouve à Saint-Germain-des-Angles.
Les installations de 2026 arrivent donc dans une ville où certaines œuvres de la première édition ont déjà trouvé une place durable, dans un quartier ou au bord de l’eau. Rien ne dit que celles de cette année resteront.
L’édition actuelle, conçue par le commissaire Philippe Piguet autour du paysage, joue précisément avec ces voisinages. La Licorne de mars de Lionel Sabatté occupe le parc Saint-Louis, la Chouette lapone de Laurent Le Deunff le jardin botanique, tandis que Michel Natier, qui vit et travaille à Herqueville dans l’Eure, présente La Porte intérieure à la médiathèque Rolland-Plaisance.
D’ici à la clôture, plusieurs rendez-vous permettent encore de parcourir l’ensemble. Le parcours extérieur est libre et gratuit. Le 21 août à 15 h, une visite guidée d’1 h 30 partira du Comptoir des Loisirs, au tarif de 6 €. Pour la visite « Quand la ville devient œuvre », les inscriptions se font auprès du Comptoir des Loisirs. Le 28 août à 21 h 30, Le Tableau volé de Pascal Bonitzer sera projeté gratuitement en plein air au parc Saint-Louis. Le 5 septembre, Michel Natier conduira au musée un atelier autour de l’impression de végétaux.
La Biennale s’achèvera avec les Journées européennes du patrimoine. Après le 20 septembre, Germination 022 J restera sur sa place à Saint-Michel. Sur les berges de l’Iton, les six sculptures de Zabukovec resteront elles aussi sur leurs stèles : deux traces très matérielles de ce qui, à Évreux, a déjà survécu à une exposition d’été.