Ce dimanche 9 août, Gisacum compare les archéologues aux Pokémon. Le rapprochement prête à sourire, mais il décrit assez bien le travail de la Mission archéologique départementale de l’Eure : chacun possède sa spécialité et une fouille n’avance qu’en réunissant plusieurs compétences.
Pierre Wech en donne un bon exemple. À la MADE, il est à la fois responsable d’opérations archéologiques et numismate. Quand des monnaies apparaissent sur un chantier, c’est notamment à lui qu’il revient de les identifier et de les replacer dans leur contexte. Son laboratoire de recherche indique qu’il réalise les catalogues et études numismatiques de la quasi-totalité des opérations de la Mission. Un même archéologue peut ainsi diriger une fouille puis étudier les monnaies qui aideront à dater ou comprendre une occupation.
À Gisacum même, les recherches se poursuivent. En 2024, Sandrine Bertaudière, archéologue de la Mission, dirigeait une nouvelle campagne sur la basilique du Vieil-Évreux. Sur ce chantier, les terres d’un puits étaient notamment tamisées. Après la pelle et la truelle viennent l’étude des objets, les plans, les photographies, les dessins et les recherches documentaires qui alimentent le rapport final.
Ces trente ans mettent en lumière cette chaîne de travail. Créée à l’origine autour de Gisacum, la Mission a progressivement élargi son activité. Elle réalise aujourd’hui des diagnostics archéologiques dans l’Eure avant certains projets d’aménagement et peut conduire des fouilles préventives en Normandie, du Néolithique à l’époque moderne.
L’exposition « Archéologues, découvrez-les tous ! », gratuite jusqu’au 20 septembre, pousse volontairement plus loin cette idée d’équipe. Elle ne présente pas seulement les chercheurs : médiateurs, jardiniers, comptables et logisticienne figurent également parmi les métiers nécessaires au fonctionnement du site et aux opérations archéologiques. Le parcours va de la préparation d’un chantier jusqu’à l’étude des objets et à leur présentation au public.
Le programme d’août permet ensuite d’essayer quelques-uns de ces gestes. Le 12 août, un atelier pour les 6 à 12 ans les initiera à la fouille d’un bâtiment antique, pelles et truelles à la main. Le 16 août, une visite suivra les métiers mobilisés pendant une opération ; le 19, l’instrumentum, l’étude des petits objets du quotidien, conduira jusqu’à la fibule gallo-romaine.
À quelques kilomètres d’Évreux, les thermes et le centre d’interprétation racontent depuis longtemps une ville antique. Cet été, Gisacum montre aussi les mains, les spécialités et les passages de relais nécessaires pour continuer à la comprendre. Mercredi, les plus jeunes prendront à leur tour pelle et truelle pour un atelier consacré à la fouille d’un bâtiment antique.