Des moutons paissent désormais dans des bassins de rétention à Saint-Aubin-sur-Gaillon, Aubevoye, Gaillon, Heudebouville, Andé et Louviers. Dans les jardins du château de Gaillon, deux vaches se chargent du débroussaillage. Dix ans après l’achat de ses premiers bovins, l’Agglo Seine-Eure dispose de 50 moutons et brebis et de 7 vaches, et cherche maintenant davantage de parcelles communautaires à leur confier.
L’évolution vient notamment de l’arrivée d’un technicien spécialisé. Jusqu’ici surtout employé dans des zones humides difficiles d’accès avec des engins, le troupeau gagne désormais des bassins de rétention, des terrains de zones d’activités et des espaces patrimoniaux. L’Agglo recense dans l’ensemble de son patrimoine les parcelles compatibles avec le pâturage. Cet inventaire doit servir à établir un plan de gestion.
Car installer quatre moutons sur un terrain public demande un peu plus que d’ouvrir une barrière. Un catalogue établi par Seine-Eure en 2020 en donnait déjà une bonne illustration à Vironvay. Sur le bassin d’Ecoparc 1, d’un hectare, l’Agglo autorisait aussi bien la fauche que le pâturage. Mais le terrain n’avait ni clôture, ni eau, ni électricité et bordait une voie très fréquentée. Il fallait prévoir une clôture fixe, puis une clôture mobile pour tenir les animaux éloignés des berges.
Les mêmes contraintes accompagnent l’extension actuelle. Avant l’arrivée des animaux, les agents vérifient la présence d’ombre, la quantité d’herbe et l’environnement du site. Ils repassent plusieurs fois par semaine pour l’eau et la surveillance du troupeau, avec un vétérinaire conventionné en cas de besoin. Le poste de technicien comprend aussi les soins courants, le suivi administratif, les déplacements réguliers et des astreintes mensuelles. L’écopâturage peut donc éviter certaines interventions mécaniques, mais il remplace une partie de ce travail par de l’élevage, de la surveillance et des aménagements.
L’Agglo ne publie pour l’instant ni la surface totale concernée, ni le coût annuel du dispositif, ni une comparaison avec l’entretien mécanique. Aucune économie ne peut donc être chiffrée. L’écopâturage permet en revanche d’utiliser le troupeau sur des terrains où il peut remplacer certaines interventions mécaniques, et plus seulement dans les espaces naturels. Le futur plan de gestion doit organiser cet usage sur les parcelles retenues, des bassins de Louviers aux jardins du château de Gaillon.