
Vingt sapeurs-pompiers de l’Eure sont partis lundi 27 juillet relever une première équipe engagée sur les incendies du Sud-Ouest. Avec quarante collègues de l’Orne et de la Seine-Maritime, ils forment une nouvelle colonne normande.
Le départ intervient au cœur d’un mois déjà éprouvant dans leur propre département. Le SDIS recense 161 incendies et 350 hectares brûlés dans l’Eure depuis le début de juillet. Le 12 juillet, son centre d’appel a traité plus de 1 000 sollicitations téléphoniques, avec deux à trois minutes pour en déterminer la nature et décider des moyens à engager.
Envoyer vingt pompiers ne revient donc pas à prélever vingt personnes sur une réserve immobile. La capacité réelle du SDIS dépend, à chaque heure, des équipes présentes, des qualifications disponibles et des véhicules déjà engagés. Lorsqu’un centre ne peut pas assurer un départ, un centre voisin est sollicité, au prix d’un délai supplémentaire. Le maillage compte 59 centres, avec un objectif moyen de première réponse en moins de vingt minutes dans chaque commune.
Le SDIS dit veiller à ne pas « dégarnir » l’Eure, sans publier l’état instantané des moyens restés disponibles le 27 juillet. Un précédent article sur les feux de juillet montrait déjà combien cette couverture dépend de la disponibilité effective des volontaires, notamment en journée.
La colonne normande s’inscrit dans le système national de renforts. Quand les moyens d’un département sont dépassés, son préfet peut demander l’aide d’autres territoires par l’intermédiaire du centre opérationnel de zone. La France dispose en 2026 de 51 colonnes constituées à l’avance à partir des moyens des différents SDIS. Les relèves permettent de prolonger les opérations sans maintenir les mêmes équipes sur les incendies.
Cette solidarité fonctionne dans les deux sens. Les 25 et 26 juillet 2019, l’Eure avait elle-même atteint sa limite face aux feux d’espaces naturels et demandé l’aide d’autres départements. Plus de 2 400 hectares de récoltes, chaumes et végétation avaient brûlé cette année-là.
Les vingt Eurois partis au Sud-Ouest ne viennent donc pas d’un département épargné. Leur mission tient à cet équilibre : aider là où le feu dépasse les capacités locales, tout en gardant dans l’Eure assez de véhicules, de compétences et de pompiers pour le prochain appel.
Sources consultées
- Département de l’EureIncendies en Gironde, chassé-croisé de sapeurs-pompiers eurois
- SDIS de l’EureUne réponse de proximité et graduée
- SDIS de l’EureLes limites du dispositif actuel
- Ministère de l’IntérieurSur terre et dans les airs : combattre le feu sur tous les fronts
- SDIS de l’EureUne évolution des risques nécessitant une adaptation des moyens