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A13 : dans l’Eure, les contrôles routiers s’adaptent à l’autoroute sans barrières

Quatorze véhicules ont ignoré un contrôle sur l’A13. Leur interception jusqu’à Vironvay révèle les moyens humains nécessaires derrière le péage sans barrières.

Contrôle de poids lourds sur l’A13

Le 9 juillet, sur l’A13 en direction de Paris, quatorze véhicules ont ignoré la signalisation leur imposant de rejoindre l’aire de contrôle de Bord Sud. Des motocyclistes de la gendarmerie les ont interceptés, puis escortés jusqu’à l’aire de Vironvay, où les attendaient les contrôleurs de la DREAL et un peseur.

Dix de ces quatorze véhicules présentaient au moins une infraction. Le même jour, douze véhicules ayant respecté l’ordre de quitter l’autoroute avaient été sélectionnés à Bord Sud, dont trois en infraction.

La différence entre les deux groupes est nette, mais les 71 % observés à Vironvay ne disent rien de l’ensemble du trafic poids lourd. Ils concernent un petit groupe déjà sélectionné parce qu’il n’avait pas rejoint l’aire. Le résultat suggère néanmoins que ce refus constitue un critère utile pour cibler les vérifications.

L’opération répond à une difficulté apparue avec la nouvelle organisation de l’A13. Depuis la généralisation du péage en flux libre entre Mantes et Caen, les véhicules franchissent les anciens sites de péage sans s’arrêter. Long de 210 kilomètres, l’axe A13-A14 a été transformé moyennant un investissement de 120 millions d’euros et fonctionne avec 29 portiques.

Cette automatisation concerne le paiement, pas le contrôle routier. Vérifier une surcharge, un chargement, un tachygraphe, les temps de repos ou les documents d’un transporteur exige toujours d’immobiliser le véhicule et de faire intervenir des agents. La DREAL organise régulièrement ces opérations sur quatre aires normandes équipées d’une signalisation particulière, dont Bord Sud.

Jusqu’à présent, les véhicules qui ignoraient l’injonction de sortir étaient difficiles à ramener vers les contrôleurs. Le test du 9 juillet a réparti le travail entre deux sites : la sélection ordinaire à Bord Sud, puis l’interception et les vérifications à Vironvay pour ceux qui avaient poursuivi leur route.

L’opération montre qu’il est possible de récupérer ces véhicules, mais elle mobilise davantage qu’un panneau lumineux. Il faut une seconde aire disponible, des contrôleurs, un peseur et des motocyclistes capables d’intervenir au milieu du trafic autoroutier. Son coût, les effectifs nécessaires et la fréquence à laquelle elle pourrait être répétée n’ont pas été précisés.

La DREAL indique que l’expérience pourra être reconduite, sans annoncer de calendrier permanent. Sur l’A13 sans barrières, faire respecter un ordre d’arrêt dépend donc encore d’une organisation matérielle et humaine, de Bord Sud jusqu’aux motards qui ramènent les véhicules à Vironvay.

Sources consultées
  1. DREAL NormandieAutoroutes en flux libre : des modalités de contrôle des poids lourds sur l’A13 plus efficaces
  2. Groupe SanefLe péage en flux libre sur l’axe Paris-Normandie (A13-A14)