
Pont-Audemer ne cherche plus seulement à installer des caméras. L’appel d’offres publié le 24 juillet doit permettre, pendant quatre ans, d’équiper de nouveaux emplacements, de reprendre les sites existants et d’assurer leur maintenance. Le montant total des commandes pourra atteindre 800 000 euros HT. Les entreprises ont jusqu’au 4 septembre pour répondre.
Ce plafond ne constitue pas une dépense déjà engagée. Il fixe le maximum que la commune pourra commander selon ses besoins pendant la durée de l’accord-cadre. Le nombre de nouvelles caméras et leurs futurs emplacements ne figurent pas dans l’avis.
Le marché de 2026 arrive après une montée en puissance rapide. En 2019, le conseil municipal avait autorisé une opération de 218 000 euros HT pour moderniser cinq sites et installer 24 dispositifs supplémentaires, avec des liaisons en fibre optique et un chantier prévu sur huit mois.
La commune a ensuite accéléré. Fin 2024, la majorité municipale annonçait l’installation de 60 caméras durant l’année, contre deux en 2022, et voulait porter le parc à 100 en 2025. Au printemps suivant, elle revendiquait déjà plus de 100 équipements. Le magazine municipal de mai 2026 parle plus prudemment d’« une centaine de caméras » et affiche désormais un objectif de 200 à terme.
Rue des Carmes, le nouveau poste de police municipale comprend une salle consacrée au centre de supervision urbaine. Sept policiers municipaux et deux agents de surveillance de la voie publique travaillent désormais dans des locaux de près de 300 m², contre 70 m² auparavant. Selon la ville, les deux ASVP pourront aussi être mobilisés pour surveiller les images en temps réel lors de certains événements ou besoins particuliers.
À cette échelle, la vidéoprotection réclame un entretien continu, des réparations et l’intégration des nouveaux équipements aux installations existantes. L’accord-cadre permettra à la ville de commander ces interventions sans lancer un nouveau marché pour chaque opération. Il rend en revanche le programme moins lisible à l’avance : le plafond est connu, mais pas la dépense réelle ni sa répartition entre entretien et extension.
Les documents municipaux présentent les caméras comme une aide aux interventions de la police et de la gendarmerie. Ils ne publient aucun bilan local sur le nombre d’images exploitées, les enquêtes auxquelles elles ont contribué ou les résultats attendus du passage à 200 appareils.
Ce réseau urbain se distingue de la vidéoprotection routière développée par le Département, notamment autour de Gisors. À Pont-Audemer, la commune prend en charge les équipements, le centre de supervision, les agents et désormais leur entretien dans la durée.
Le marché organise donc pour quatre ans une politique déjà largement engagée, sans valoir commande immédiate de 800 000 euros. Les prochains bons de commande préciseront combien de caméras supplémentaires seront installées, et dans quelles rues de Pont-Audemer.