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Paris-Granville : 93,2 millions programmés, mais pas encore de financement durable

La section qui dessert Verneuil-sur-Avre bénéficie de travaux jusqu’en 2027. Le financement des renouvellements suivants reste à décider.

Train régional à Verneuil-sur-Avre

À Verneuil-sur-Avre, les trains directs vers Paris et Granville circulent toujours. Des travaux sont financés sur la section Dreux-Surdon, qui traverse le sud de l’Eure. Le contrat de plan couvre des opérations jusqu’en 2027, mais aucun accord publié ne fixe le financement des renouvellements suivants.

Cette enveloppe de 93,2 millions d’euros couvre deux parties de Paris-Granville, Dreux-Surdon et Argentan-Granville. L’État doit apporter 46,6 millions d’euros, la Région Normandie 38,7 millions et SNCF Réseau 7,9 millions. Le rapport d’activité de l’Agence de financement des infrastructures de transport, publié en juillet, recense 4,6 millions d’euros de crédits de l’État versés en 2025 pour la régénération de la ligne.

Le détail des opérations et la répartition de l’enveloppe entre les deux sections ne sont toutefois pas publiés. Le programme finance une première étape, pas la remise à neuf complète des quelque 350 kilomètres entre Paris et Granville.

Cette difficulté tient en partie au statut de la ligne. Les sections Dreux-Surdon et Argentan-Granville sont classées parmi les lignes de desserte fine du territoire. Sur le réseau structurant, le renouvellement relève principalement de SNCF Réseau. Sur les lignes de desserte fine, il se négocie avec les Régions dans les contrats de plan.

La Région organise déjà les trains Paris-Granville et finance leur exploitation. Elle prend aussi en charge une grande partie du matériel et contribue, avec l’État, au renouvellement de la voie. Pour une liaison radiale vers la capitale, ce partage nourrit la demande d’un reclassement dans le réseau structurant national.

En février, la députée de l’Orne Véronique Louwagie a cité, lors d’une question à l’Assemblée nationale, une estimation proche d’un milliard d’euros pour une régénération complète d’ici à 2040. Le gouvernement n’a pas repris ce montant dans sa réponse. Il a confirmé les 93,2 millions d’euros et annoncé que le statut de Paris-Granville serait examiné dans le cadre d’une mission confiée au préfet François Philizot. Ses conclusions étaient annoncées pour l’été 2026, mais aucun rapport n’avait été rendu public au 24 juillet.

Réduire le coût pourrait aussi réduire la capacité de la ligne. Le CESER de Normandie s’inquiète d’une éventuelle transformation de nouvelles portions en voie unique. Cette solution diminuerait le volume des travaux, mais limiterait les possibilités de croisement des trains et la capacité d’augmenter ensuite la desserte.

Ce dossier est distinct des coupures temporaires entre Paris et Évreux. À Verneuil, le programme actuel finance une partie des renouvellements nécessaires jusqu’en 2027. Il ne garantit pas encore le financement de la liaison au-delà.

Sources consultées
  1. Assemblée nationaleQuestion orale n° 590, Réintégration de la ligne Paris-Granville dans le réseau national
  2. Région Normandie et ÉtatContrat de plan État-Région 2021-2027 pour la Normandie
  3. AFIT FranceRapport d’activité 2025
  4. CESER NormandieAvis sur le Contrat de plan État-Région pour la Normandie 2021-2027
  5. SNCF TER NormandieHoraires et prochains départs de la gare de Verneuil-sur-Avre