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Houlbec-Cocherel : deux années encore inconnues avant le meurtre

Une femme de 30 ans a été tuée le 14 juillet. Son ex-compagnon, déjà poursuivi pour une tentative de meurtre en 2022, avait été hospitalisé et soumis à une interdiction de contact.

Houlbec-Cocherel, justice et hôpital

Une femme de 30 ans, mère de deux enfants, a été retrouvée morte le 14 juillet à son domicile de Houlbec-Cocherel. Le parquet d’Évreux soupçonne son ex-compagnon, âgé de 32 ans et retrouvé mort le même jour au pied de la falaise de Château-Gaillard, aux Andelys.

Quatre ans plus tôt, à Ivry-la-Bataille, le même homme avait porté plusieurs coups de couteau à sa compagne. Elle avait réussi à s’échapper par une fenêtre et à se réfugier chez un voisin. Mis en examen pour tentative de meurtre par conjoint, il avait reconnu les faits.

En septembre 2023, la cour d’appel de Rouen l’avait déclaré pénalement irresponsable, son discernement ayant été considéré comme aboli au moment de l’attaque. Il avait ensuite été hospitalisé à Évreux, puis transféré en janvier 2024 dans un établissement de Mantes-la-Jolie afin de le rapprocher de sa famille. Une interdiction d’entrer en contact avec la victime avait également été prononcée.

Ces décisions répondent à deux mécanismes distincts. Une juridiction peut imposer une hospitalisation complète lorsqu’une personne déclarée irresponsable présente des troubles nécessitant des soins et compromettant la sûreté des personnes. Elle peut, séparément, fixer des mesures de sûreté, dont l’interdiction de rencontrer la victime. Cette interdiction peut continuer après la fin de l’hospitalisation, pendant la durée prévue par la décision judiciaire.

Une sortie de l’hôpital ne signifie pas non plus la fin de tous soins sans consentement. La prise en charge peut se poursuivre sous forme ambulatoire, à domicile ou dans le cadre d’un programme de soins. La durée précise de l’interdiction prononcée à Rouen et le régime de soins appliqué après janvier 2024 n’ont toutefois pas été rendus publics.

Lors de son point presse du 17 juillet, le procureur Rémi Coutin a indiqué ne pas avoir encore obtenu de l’établissement de Mantes-la-Jolie la date ni les modalités de sortie de l’homme. Des réquisitions avaient été envoyées par les gendarmes. D’après des proches entendus par les enquêteurs, l’ancien couple avait repris des contacts réguliers malgré l’interdiction évoquée par le parquet.

Aucune défaillance n’est établie, mais la période pendant laquelle ces mesures ont pu évoluer reste sans chronologie publique.

En France, 107 femmes ont été tuées par un conjoint ou un ancien conjoint en 2024. Près de la moitié avaient déjà subi des violences au sein du couple. Dans le dossier de Houlbec-Cocherel, l’antécédent n’était pas seulement connu: il avait donné lieu à une instruction, une décision judiciaire, une hospitalisation et une interdiction de contact.

L’enquête doit désormais relier l’arrêt rendu à Rouen, les établissements d’Évreux et de Mantes-la-Jolie, puis la reprise des contacts rapportée par les proches. Entre le transfert de janvier 2024 et la maison de Houlbec-Cocherel, deux années du parcours du suspect restent à documenter.

Sources consultées
  1. RTL et Agence France-PresseEure : un homme tue son ex-compagne quatre ans après une première tentative de meurtre
  2. LégifranceCode de procédure pénale, mesures de sûreté en cas d’irresponsabilité pénale
  3. Service PublicSoins pour troubles psychiatriques
  4. Mission interministérielle pour la protection des femmesLes violences sexistes et sexuelles en France en 2024