
De Gravigny à Beaumont-le-Roger, six collèges de l’Eure ont ouvert leur self un samedi aux parents et aux élèves. Lancée en octobre 2025, l’opération « Les Parents à table » s’est achevée le 20 juin 2026 après avoir réuni près de 900 parents et collégiens.
L’invitation donne accès à un service que les familles connaissent surtout par les menus et la facture. Le Département assure la restauration dans les collèges et compte 53 restaurants scolaires pour 55 établissements publics. Plus de 3,3 millions de repas y sont servis chaque année. D’après la collectivité, un déjeuner facturé 3,55 euros aux familles lui revient à 11 euros.
Les participants ont suivi la file du self, rencontré les équipes et mangé un menu cuisiné sur place, comme ceux servis en semaine. Des producteurs et des agents chargés de la cuisine, de l’entretien ou de l’environnement présentaient aussi leur travail. Plus de 50 producteurs ont été mis en avant au cours de la saison.
Ces déjeuners montrent une partie habituellement invisible de la cantine : les cuisiniers, les fournisseurs, le prix supporté par la collectivité et les choix d’approvisionnement derrière chaque plateau. Ils ne résument toutefois pas les achats de toute une année. Pour cela, il faut regarder les indicateurs suivis dans les 53 restaurants.
Le premier bilan du programme départemental « L’Eure se met à table », adopté en juin 2025, indique que la part des achats répondant aux critères de la loi EGAlim est passée de 21 % à 30 %, selon le Département, et celle du bio de 8 % à 12 %. Les objectifs nationaux sont fixés à 50 % de produits durables et de qualité, dont au moins 20 % de bio.
L’objectif départemental sur les produits eurois est distinct des critères EGAlim. Le Département veut doubler leur part dans les cantines, de 15 % en 2025 à 30 % en 2028. Un aliment produit dans l’Eure ne compte pas automatiquement parmi les achats EGAlim : il doit aussi répondre à un critère reconnu de qualité ou de durabilité. À la rentrée 2026, les légumineuses cultivées dans le département doivent arriver dans les menus des collèges.
Les résultats diffèrent déjà d’un établissement à l’autre. À Pont-Audemer, le collège Pierre-et-Marie-Curie annonçait 26 % de produits bio, contre 4 % en 2023, ainsi que 23 % de denrées produites dans l’Eure. Cet exemple rappelle que la progression dépend aussi des marchés, des fournisseurs disponibles et du suivi des achats, pas seulement de la présence d’une cuisine sur place.
L’ouverture aux familles rend donc le service plus familier, mais ne permet pas encore d’en suivre les résultats collège par collège. Le dernier déjeuner s’est tenu à Beaumont-le-Roger le 20 juin. Les familles y ont vu la cuisine à l’œuvre ; la progression de l’ensemble des selfs se jugera sur les achats de l’année.
Sources consultées
- Département de l’EureCe que mangent vraiment les collégiens : 900 familles l’ont découvert
- Département de l’EureLes parents se mettent à table au collège de Bueil
- Département de l’EureAprès les pommes de terre, les légumineuses euroises s’installent dans les collèges
- Département de l’EurePont-Audemer : ouverture exceptionnelle du restaurant scolaire aux parents
- Ministère de l’AgricultureRestauration collective : ouverture de la campagne de télédéclaration 2026