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À Vernon, MaiaSpace vend déjà des places sur une fusée qui doit encore voler

Avec Loft Orbital, MaiaSpace ajoute un client à son carnet de commandes. À Vernon, la promesse d’un lanceur européen doit maintenant tenir une cadence industrielle.

Illustration - Lanceur spatial à Vernon

À Vernon, MaiaSpace ajoute un nouveau client à son carnet de commandes. Loft Orbital, entreprise franco-américaine qui opère des plateformes satellites pour le compte d’autres acteurs, a signé un accord portant sur plusieurs lancements à partir de 2028.

Le montant du contrat n’a pas été publié. L’information tient surtout au moment où il arrive. Selon MaiaSpace, Loft Orbital devient son quatrième client commercial en quatorze mois, quelques jours après le lancement du chantier de la MaiaFactory à Vernon. Pour une fusée qui n’a pas encore tenté de vol orbital, ce type d’accord ne prouve pas la réussite technique. Il indique que des clients commencent à réserver de la capacité avant que le lanceur ait démontré sa régularité.

Loft Orbital vend des missions spatiales prêtes à l’emploi : un client apporte son capteur, son logiciel ou son besoin d’observation, Loft l’intègre sur une plateforme satellite, la lance puis l’exploite. Ce modèle a besoin d’une chose très terrestre : des créneaux de lancement disponibles, prévisibles et assez variés pour ne pas dépendre d’un seul fournisseur.

Jusqu’ici, European Spaceflight relève que les satellites de Loft Orbital ont volé sur les missions de covoiturage Transporter de SpaceX. Ces missions ont fortement structuré le marché des petits satellites, mais elles créent aussi une dépendance. Pour Loft, choisir MaiaSpace revient donc à ajouter une option européenne à son calendrier. Pour MaiaSpace, c’est une manière de montrer que son futur lanceur n’est pas seulement attendu par des institutions, mais aussi par des opérateurs qui vendent déjà des services en orbite.

Le lanceur Maia vise ce marché des charges utiles en orbite basse. Sa version réutilisable est annoncée pour placer jusqu’à 500 kg en orbite héliosynchrone, sa version consommable jusqu’à 1,5 tonne. Le kick-stage Colibri doit permettre des placements orbitaux plus fins. Ces chiffres restent des caractéristiques annoncées, pas un historique de vol. Le premier essai suborbital est désormais visé début 2027, avant un premier vol orbital au second semestre 2027, selon European Spaceflight.

À Vernon, MaiaSpace ne manque plus seulement d’une fusée réussie. Elle doit apprendre à produire, intégrer, envoyer et recommencer. Dans sa proto-usine vernonnaise, l’entreprise a déjà réalisé un assemblage grandeur réelle du lanceur, avec étage principal, étage supérieur, structure inter-étage et prototype de jambe d’atterrissage. La future MaiaFactory doit prendre le relais pour viser environ vingt lancements par an au début des années 2030.

La Clé Publique a déjà raconté ce passage du prototype à l’usine avec le chantier de la MaiaFactory. Le contrat Loft Orbital ajoute une pièce différente : le marché se met en file d’attente pendant que l’atelier se construit. C’est prometteur, mais exigeant. À Vernon, la prochaine preuve ne sera pas un nouveau logo dans un communiqué. Ce sera un lanceur assemblé, expédié vers la Guyane, puis capable de recommencer.

Sources consultées
  1. European SpaceflightLoft Orbital Books Multiple Launches Aboard MaiaSpace Rockets
  2. MaiaSpaceSuccessful Fit-Check of the Maia Launcher!
  3. MaiaSpaceOur Launcher
  4. Loft OrbitalPhysical Missions