À Rugles, l’étude prévue sur la Risle ne regardera pas seulement la rivière. L’ASA de la Risle Médiane et la Ville veulent aussi y intégrer les affluents, le ruissellement urbain et, en option, le potentiel hydroélectrique du Moulin de La Forge.
Le marché public est ouvert jusqu’au 27 août 2026, à midi. Il porte sur une mission d’ingénierie dont le démarrage est estimé au 15 avril 2027, pour une durée prévue de 22 mois. Deux volets sont fermes: l’étude multithématique de la Risle et de ses affluents dans la traversée de Rugles, pilotée par l’ASA, et le schéma de gestion des eaux pluviales de la commune. Deux options peuvent s’y ajouter: l’étude hydroélectrique du Moulin de La Forge et l’évaluation environnementale du zonage pluvial. Le montant n’est pas indiqué dans l’avis.
L’intérêt du dossier tient à ce voisinage. Dans une ville d’environ 2 200 habitants, la pluie qui tombe sur une rue, une cour ou une surface imperméable n’est pas une affaire séparée de la rivière. Elle ruisselle, rejoint un avaloir, un fossé, un ruisseau, puis la Risle. Le marché réunit donc deux sujets que les collectivités ont longtemps traités dans des cases différentes: le cours d’eau et les eaux pluviales.
À Rugles, cette gestion passe par une structure peu visible mais décisive. L’Association syndicale autorisée de la Risle Médiane regroupe les propriétaires riverains, les communes et les intercommunalités situées sur la Risle entre Rugles et Nassandres-sur-Risle. Son périmètre couvre 260 km de berges, plus de 2 700 parcelles, près de 700 propriétaires, 21 communes, environ 20 000 habitants, près de 60 moulins et plus de 200 ouvrages hydrauliques. La Risle et ses affluents y sont des cours d’eau non domaniaux: les berges et le lit appartiennent aux riverains, qui ont des droits mais aussi des obligations d’entretien.
Ce point change la nature de l’action publique. La commune peut travailler sur ses rues, ses réseaux et son urbanisme. L’ASA intervient auprès des riverains et sur la rivière. Les intercommunalités portent la compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations. Aucun de ces niveaux ne suffit seul, car l’eau circule d’un domaine à l’autre.
Le calendrier donne aussi du sens à l’opération. En janvier 2026, les statuts de l’ASARM ont été modifiés pour étendre son périmètre à tous les affluents qui se jettent dans la Risle entre Rugles et Nassandres-sur-Risle. Le marché de Rugles applique cette logique à l’entrée amont du système: ne plus seulement suivre le fil principal de la Risle, mais comprendre ce qui l’alimente et ce qui la surcharge. Le même raisonnement par bassin se retrouve, à une autre échelle, dans le contrat de territoire de l’Iton.
Le volet pluvial peut orienter les choix d’aménagement. Le code général des collectivités territoriales prévoit des zones où des mesures doivent limiter l’imperméabilisation des sols et maîtriser l’écoulement des eaux pluviales et de ruissellement. Le Cerema décrit le zonage pluvial comme un outil à la fois technique et juridique, intégrable aux documents d’urbanisme, pour favoriser notamment l’infiltration de la pluie au plus près de son point de chute.
Rugles n’en est pas encore au choix des travaux. Mais l’étude peut donner la carte qui manque avant de décider où infiltrer, ralentir, stocker, restaurer un écoulement, encadrer une construction ou regarder si un vieux moulin peut encore produire quelque chose. Pour l’instant, la décision tient en une consultation d’ingénierie. Elle place pourtant la même question devant la ville, les riverains et la rivière: où va l’eau quand elle tombe sur Rugles?
Sources consultées
- France Marchés / BOAMPAvis de marché n° 26-66960 du 06/07/2026
- ASARMTerritoire
- ASARMHistorique
- LégifranceArticle L2224-10 du Code général des collectivités territoriales
- CeremaLe zonage pluvial: favoriser l’infiltration de l’eau de pluie au plus près de là où elle tombe
- InseeComparateur de territoires, Commune de Rugles (27502)