À Évreux, le chantier de la future maison de quartier Saint-Michel passe à une étape préparatoire à la disparition de l’ancien bâtiment : la Ville cherche désormais une entreprise pour désamianter et démolir l’ancienne Agora.
Ce marché, publié début juillet, n’est pas un détail de fin de chantier. Il montre la difficulté de remplacer un lieu encore utilisé. L’ancien bâtiment, construit dans les années 1950, est vétuste et contient du plomb et de l’amiante. Mais il devait continuer à accueillir des activités jusqu’à l’achèvement de la nouvelle construction, avant d’être démoli.
Les entreprises ont jusqu’au 7 août 2026 pour répondre à la consultation de désamiantage et démolition. Le montant de ce lot n’est pas encore connu. Le programme global, lui, est chiffré par la Ville à 5,715 millions d’euros HT, dont 5,153 millions pour les travaux et 561 922 euros pour la maîtrise d’œuvre.
À Saint-Michel, l’opération consiste à passer d’une maison de quartier éclatée entre deux bâtiments à un seul ensemble de plus de 2 000 m². Le bâtiment de 2006 doit être réhabilité et intégré à l’extension. Le Département de l’Eure annonce une ouverture à l’automne 2026. Le nouveau lieu doit accueillir des salles culturelles, sportives et éducatives, un centre de loisirs pour une soixantaine d’enfants de 6 à 11 ans, ainsi que La Passerelle, tournée vers les adolescents.
La facture montre aussi l’assemblage financier d’un équipement de proximité. L’autofinancement municipal représente 3,73 millions d’euros. S’y ajoutent 877 805 euros du Département, 384 000 euros de la CAF et un peu plus de 722 000 euros de l’État via la DSIL et le Fonds vert. Pour un quartier d’environ 6 000 habitants, et une association locale, l’ALSM, présentée avec 2 400 adhérents, ce n’est pas seulement une salle neuve : c’est un point d’appui pour la vie associative, les familles et les jeunes.
Le choix technique suit la même logique. Le futur bâtiment doit intégrer isolation par l’extérieur, ossature bois, toitures végétalisées, panneaux photovoltaïques, pompe à chaleur et ventilation double flux. À la place de l’ancien bâtiment, le projet prévoit un parc paysager et neuf terrains de boule, avec une meilleure infiltration des eaux de pluie.
Tout cela reste un chantier de quartier, à son échelle. Mais il concentre plusieurs contraintes que les communes retrouvent partout dans leur patrimoine : garder le lieu ouvert, retirer les matériaux dangereux, réduire la consommation d’énergie, financer à plusieurs guichets et rendre le site plus respirable. À Saint-Michel, cet enchaînement se joue maintenant autour de l’ancienne Agora, rue Pierre-de-Ronsard, avant sa démolition.