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À Saint-Aubin-sur-Gaillon, l’ancienne école devient une base pour vieillir chez soi

L’AAPAF s’installe dans 110 m² rénovés par la commune. Derrière ce déménagement, une pièce du système local d’aide à domicile se rend plus visible.

Ancienne école et aide à domicile

À Saint-Aubin-sur-Gaillon, l’ancienne école maternelle de l’Espace Jean-Claude Bouillon accueille désormais l’Association d’aide aux personnes âgées et aux familles. L’AAPAF a inauguré ses nouveaux locaux le 26 juin, après avoir quitté des bureaux devenus trop étroits à Aubevoye.

La commune a rénové 110 m² pour 25 000 euros. En trois mois, ses cinq agents techniques ont aménagé deux bureaux pour les responsables de secteur, un bureau pour la directrice, du stockage, des archives, une salle de pause et un vrai espace d’accueil. Une salle de réunion doit encore être installée dans une autre ancienne classe.

Ces mètres carrés comptent parce que l’aide à domicile ne commence pas seulement au seuil des maisons. Avant la toilette, le repas, les courses ou l’accompagnement, il y a des plannings à tenir, des dossiers à suivre, du matériel à ranger, des familles à recevoir, des salariées à coordonner. L’AAPAF emploie 40 aides à domicile et accompagne 317 bénéficiaires sur 27 communes autour de Gaillon. Son nouveau siège devient donc une petite base logistique pour un service très dispersé.

L’ancienne école, construite à la fin du XIXe siècle, servait autrefois aux enfants. Elle sert désormais à organiser l’aide aux personnes âgées. Le symbole est visible, mais la décision est surtout pratique : plutôt que de laisser dormir une partie de l’ancien équipement scolaire, Saint-Aubin-sur-Gaillon y installe une association qui avait besoin de locaux plus adaptés. Le bâtiment reste communal, mais son utilité change avec les besoins du territoire.

Depuis 2020, l’AAPAF est aussi partenaire de l’Agglomération Seine-Eure, qui lui verse une subvention à la place des communes. Avec le CIAS, elle complète l’organisation locale de l’aide à domicile. Le financement a changé d’échelle : quand l’âge, la dépendance ou l’isolement dépassent les limites d’une mairie, l’organisation remonte vers l’intercommunalité. Mais le service, lui, reste jugé à l’échelle d’une visite, d’un horaire respecté, d’un trajet entre deux communes.

Dans l’Eure, cette organisation devient centrale. En 2022, selon l’Insee, 162 000 habitants avaient 60 ans ou plus, soit 27 % de la population. Parmi eux, 54 000 avaient au moins 75 ans et 47 000 seniors vivaient seuls. Seuls 5 700 seniors eurois vivaient en établissement, soit 3,5 % des 60 ans ou plus. La grande majorité vieillit donc à domicile, souvent dans des communes rurales où la distance complique l’accès aux services.

La même bascule apparaissait déjà à Bernay, où l’Ehpad Jacques-Daviel devient aussi un point d’appui pour vieillir chez soi. À Saint-Aubin-sur-Gaillon, l’échelle est plus modeste, mais la leçon est proche : le maintien à domicile tient aussi à ces lieux sobres, bien placés, où les tournées se préparent avant que les aides repartent vers Gaillon et les communes voisines.

Sources consultées
  1. Agglo Seine-EureL’ancienne école maternelle pour les seniors
  2. AAPAFAAPAF
  3. InseeDans l’Eure, 47 000 seniors de 60 ans ou plus vivent seuls en 2022