Article

En Seine-Eure, produire local commence par trouver des terres

L’Agglo Seine-Eure cherche porteurs agricoles, propriétaires et fermes à transmettre pour organiser l’accès aux terres locales.

Terres agricoles en Seine-Eure

Depuis le 29 juin, l’Agglo Seine-Eure a ouvert un appel à projets agricoles pour repérer celles et ceux qui cherchent des terres, les propriétaires prêts à accueillir une activité agricole et les exploitants qui envisagent de transmettre. Les porteurs de projet peuvent déjà déposer leur demande pour développer un projet agricole.

Le dispositif ne s’annonce pas comme une aide chiffrée. Aucune enveloppe publique ni liste de parcelles n’est publiée à ce stade. Il sert d’abord à mettre de l’ordre dans un marché discret mais décisif: qui a de la terre, qui veut s’installer, quelle ferme pourrait changer de main, quel projet peut trouver sa place entre Louviers, Val-de-Reuil, Gaillon et les communes rurales de l’agglomération.

La cible est nette. L’Agglo veut identifier des terres agricoles disponibles à court ou moyen terme, consolider les exploitations maraîchères et d’élevage déjà présentes, et accompagner de nouvelles installations en maraîchage, arboriculture ou élevage. Le questionnaire demandé aux candidats doit préciser leur profil, leur projet, leurs besoins fonciers et financiers. Ces informations seront partagées avec la Chambre d’agriculture, la Safer, Terre de Liens et Bio en Normandie.

Cette mise en relation touche au cœur du Projet alimentaire territorial voté par le conseil communautaire en octobre 2022. Le diagnostic local pointait déjà une agriculture encore très orientée vers les grandes cultures, peu d’outils de transformation et de commercialisation de proximité, une forte pression foncière, mais aussi des terres historiquement favorables au maraîchage. Le territoire dispose de plus de 18 000 hectares de surface agricole, selon l’Agglo. Encore faut-il que ces hectares puissent accueillir autre chose qu’une simple continuité des usages existants.

À l’échelle de l’Eure, le mouvement de fond est connu. Entre 2010 et 2020, le département est passé de 5 018 à 3 696 exploitations agricoles, soit une baisse de 26 %. La surface agricole utile a, elle, peu reculé, tandis que la surface moyenne par exploitation passait de 75 à 100 hectares. Autrement dit, la terre reste là, mais elle se concentre dans moins de mains et dans des fermes plus grandes.

Pour une agglomération qui veut davantage de produits locaux dans les circuits courts ou les cantines, le problème ne se règle donc pas seulement avec des consommateurs motivés. Il commence avant l’assiette: au moment où une parcelle se libère, où un propriétaire hésite, où une ferme cherche repreneur, où un maraîcher peut encore trouver assez de terrain pour vivre de son métier.

L’appel à projets ne garantit pas des installations. Il donne cependant à Seine-Eure un outil pour éviter que les occasions foncières passent sans être vues. Dans ce territoire où l’alimentation locale se joue aussi aux Hauts-Prés, dans les fermes à transmettre et dans les terres qui bordent les bourgs, la première récolte attendue sera peut-être une liste de parcelles, de repreneurs et d’installations possibles.

Sources consultées
  1. Agglo Seine-EureAppel à projets agricoles : lancez-vous sur le territoire Seine-Eure
  2. Agglo Seine-EureInscription - Porteur de projet agricole
  3. Agglo Seine-EureLe projet alimentaire territorial
  4. DRAAF Normandie / AgresteFiche territoriale synthétique RA 2020 « Eure »