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Cantines, marchés publics, captages : l’Eure travaille ses leviers ordinaires

La session du 26 juin met sur la table les cantines, l’insertion et l’eau, trois leviers ordinaires de l’action départementale.

Illustration - cantine et eau

Vendredi 26 juin 2026, les élus du Département de l’Eure se réunissent à Évreux avec plusieurs dossiers matériels dans la pile : l’alimentation des collèges, les résultats de la politique d’insertion, l’agriculture et la ressource en eau. Le point commun n’est pas un grand plan unique. La collectivité teste ce que ses leviers ordinaires peuvent changer.

La cantine est le levier le plus visible. Chaque année, 3,5 millions de repas sont servis dans les collèges eurois. Le prix payé par l’élève est fixé à 3,55 euros depuis le 1er janvier 2025, pour un coût réel annoncé à 11 euros par repas, soit 22 millions d’euros par an pour le Département. À cette échelle, changer un approvisionnement n’est pas une coquetterie alimentaire : c’est une commande publique capable d’ouvrir des débouchés à des producteurs.

Après le groupement d’achat de pommes de terre euroises, désormais servies dans 90 % des restaurations scolaires concernées, le Département annonce une étape autour des légumineuses à compter de la rentrée 2026, avec la lentille locale comme produit identifié dans son rapport d’activité. L’objectif affiché reste de progresser vers une alimentation plus locale et durable. En 2025, les collèges eurois atteignaient 29 % de produits répondant aux critères durables, dont 12 % de bio et 17 % de produits locaux. Le cadre national EGAlim fixe, lui, un objectif de 50 % de produits durables et de qualité, dont 20 % de bio. L’écart reste important.

Le même réflexe apparaît dans l’insertion. En 2025, le Département dit avoir organisé 171 rendez-vous avec des entreprises, préparé 154 bénéficiaires à l’emploi et obtenu 21 recrutements. Le chiffre le plus révélateur concerne les marchés publics : depuis mars 2025, une facilitatrice “clause sociale” accompagne les services dès la préparation des marchés. Le bilan fait état de 40 lots en cours, de 29 entreprises mobilisées et de 57 contrats de travail signés, dont 14 pour des bénéficiaires du RSA.

Le mécanisme est simple, et il change la nature de la dépense. Un chantier, un marché de logement, une opération départementale ne servent plus seulement à acheter des travaux ou des prestations. Ils peuvent aussi réserver des heures à des personnes éloignées de l’emploi. Ce n’est pas une baguette magique : 21 recrutements, à l’échelle d’un département, restent un point de départ. Mais c’est une méthode lisible, parce qu’elle accroche l’insertion à des contrats réels.

L’eau ajoute un dossier moins visible, et moins abouti dans les documents accessibles avant la session. L’ordre du jour mentionne une politique de préservation de la ressource et une stratégie départementale de sobriété. Le rapport d’activité rappelle qu’un premier Comité départemental de l’eau a été lancé le 26 novembre 2025, avec la Préfecture, et qu’un observatoire est en construction pour collecter et partager les données sur la ressource. Le détail des mesures soumises aux élus n’a pas encore été rendu public.

La discussion ne recoupe pas exactement le contrat de territoire de l’Iton, centré sur un bassin versant. Ici, l’échelle annoncée est départementale. Elle compte dans l’Eure, où l’eau potable provient entièrement des nappes souterraines : 199 captages alimentent les habitants, dont 16 sont identifiés comme prioritaires. Protéger l’eau, dans ce contexte, ne consiste pas seulement à réparer un réseau ou surveiller une rivière. C’est suivre les sols, les pratiques agricoles, les captages et la recharge des nappes.

Cette session ne prouve donc pas que tout est déjà aligné. Elle montre plutôt où le Département peut agir concrètement : dans les repas qu’il finance, les marchés qu’il passe, les données qu’il rassemble et les filières qu’il peut encourager. La suite se jouera moins dans les intitulés de rapports que dans les volumes réellement achetés, les clauses effectivement tenues et les mesures d’eau précisées après le vote, à Évreux.

Sources consultées
  1. Département de l’EureProchaine session plénière : alimentation dans les collèges, insertion et ressources en eau à l’ordre du jour
  2. Département de l’EureRapport d’activité 2025 du Conseil départemental de l’Eure
  3. Département de l’EureAnalyser la terre pour protéger l’eau potable
  4. Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaireRestauration collective : ouverture de la campagne de télédéclaration 2026 sur les achats de produits durables et de qualité