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Dans l’Eure, le bois des déchèteries cherche sa bonne sortie

Le SETOM remet en concurrence le broyage, l’évacuation et la valorisation du bois des déchèteries. Un marché discret qui montre ce que devient une vieille planche.

Bois trié en déchèterie

Le SETOM de l’Eure remet en concurrence le broyage, l’évacuation et la valorisation du bois issu des déchèteries du territoire. L’avis, envoyé à la publication le 12 juin 2026, prévoit un accord-cadre de douze mois, reconductible trois fois, avec une date limite de remise des offres fixée au 16 juillet.

Le marché paraît modeste. Il révèle pourtant une partie décisive du service: ce qui arrive au bois après le dépôt en benne. Après le geste du particulier en déchèterie, il faut encore enlever, préparer, transporter et trouver une vraie destination à près de 5 000 tonnes de bois en 2024.

Le SETOM dessert 253 407 habitants dans 208 communes, via cinq collectivités adhérentes, dont Évreux Portes de Normandie, Seine Normandie Agglomération, le Pays de Conches, le Pays du Neubourg et Interco Normandie Sud Eure. Dans cette organisation, les collectivités gardent la collecte, tandis que le syndicat assure le traitement. Pour les déchèteries, cela passe par les “bas de quai”: la partie invisible du service, celle où les bennes pleines quittent les sites pour être orientées vers une filière.

Le bois est un flux à part. En 2024, le flux bois des déchèteries du SETOM a atteint 4 937 tonnes, contre 4 168 tonnes en 2023 et 4 252 tonnes en 2022. C’est beaucoup moins que les déchets verts, mais assez pour former une petite logistique industrielle: bennes dédiées, stockage, broyage, reprise, transport et contrôle de la destination. Le rapport d’activité 2024 indique que le bois issu des déchèteries, une fois broyé, peut être réutilisé pour fabriquer des panneaux de particules ou être valorisé énergétiquement.

La différence n’est pas cosmétique. Un morceau de bois trié proprement peut rester une matière. Un bois trop mélangé, trop souillé ou trop difficile à qualifier glisse plus facilement vers l’énergie, voire vers des filières moins nobles. L’ADEME rappelle d’ailleurs que le recyclage doit être priorisé lorsque c’est possible, la valorisation énergétique venant en complément. À l’échelle nationale, l’agence estime que 8,6 millions de tonnes de déchets de bois sont produites chaque année en France, dont 7,4 millions collectées, avec une valorisation en recyclage et en énergie mais aussi une part encore envoyée en stockage.

Dans l’Eure, le marché du SETOM met donc le doigt sur une contrainte simple: la déchèterie n’est pas seulement un lieu où l’on se débarrasse. C’est une gare de tri. Le bois y côtoie les gravats, les encombrants, les déchets verts, les meubles, le plâtre, les métaux, les huiles et les déchets dangereux. Chaque erreur de benne complique la suite. Chaque flux suffisamment propre donne au syndicat une marge de manœuvre supplémentaire.

L’avis ne publie pas le montant estimé du nouveau marché. Le rapport 2024 donne toutefois un ordre de grandeur du système existant: cette année-là, le traitement du bois représentait 168 068 euros parmi les contrats de prestations de service, hors transport général des déchets issus des déchèteries, qui pesait à lui seul plus de 2,3 millions d’euros.

Ce sujet prolonge, sans le répéter, les adaptations déjà engagées autour d’Ecoval et de l’après-poubelle dans l’Eure. Ici, le changement ne tient pas dans une machine spectaculaire. Il tient dans la capacité d’un service public local à empêcher qu’une vieille planche, une porte déposée ou un morceau de bois de chantier ne devienne seulement du volume à brûler. Dans une déchèterie euroise, la bonne sortie commence souvent par une benne correctement remplie.

Sources consultées
  1. BOAMPPrestations de broyage, évacuation et valorisation du bois en provenance des déchèteries
  2. SETOM de l’EureRapport d’activité 2024, prix et qualité du service public d’élimination des déchets
  3. SETOM de l’EureValorisation du bois, chiffres clés
  4. ADEMEValorisation des déchets de bois: un levier essentiel pour l’économie circulaire