Article

À Gisors, l’Eure étend sa vidéoprotection aux routes

À Gisors, l’Eure raccorde la ville à son réseau de caméras routières, pensé pour suivre les passages sur les axes stratégiques.

Caméras sur une route

Gisors vient d’entrer dans le réseau de vidéoprotection que le Département de l’Eure déploie sur ses axes routiers. Les caméras y ont été installées mardi 9 juin 2026, dans un dispositif départemental qui ajoute une couche de surveillance aux routes, aux entrées, aux sorties et aux carrefours.

Le programme touche à sa fin. Le Département annonce 87 caméras alphanumériques, dont 76 déjà opérationnelles sur 26 sites. Les onze dernières doivent être posées dans les prochaines semaines. Voté en juin 2024, le dispositif représentait alors un investissement annoncé à 2,9 millions d’euros, comprenant les mâts, les caméras, la fibre, la maintenance et l’alimentation électrique.

Gisors n’est pas un point anodin dans cette carte. La ville se trouve à l’est de l’Eure, près de l’Oise et sur l’axe qui relie Paris, le Vexin normand et Dieppe. Le Département présente justement son système comme une réponse à une délinquance de passage, notamment des cambriolages et des trafics, attribuée en partie à des personnes venues de départements voisins. La logique n’est pas seulement communale. Elle est circulatoire.

Ce choix distingue le réseau d’une vidéoprotection municipale classique. Depuis 2016, le Département indique avoir déjà aidé plus de 80 communes à installer environ 650 caméras. Avec ce nouveau programme, il change d’échelle : il ne finance plus seulement des équipements locaux, il construit son propre maillage sur les routes départementales. Le territoire est traité comme un ensemble de flux à suivre, pas seulement comme une addition de communes à équiper.

Les règles déclarées sont étroites. Les caméras enregistrent notamment le numéro d’immatriculation, la date, l’heure, la localisation du dispositif et une photographie du véhicule. Les données sont conservées trente jours, hébergées en France sur un serveur interne au Département. La fiche de conformité indique aussi qu’il n’y a pas de prise de décision automatisée. Le Département précise que l’extraction des images est limitée à quatre personnes habilitées et se fait sur réquisition judiciaire, dans le cadre d’enquêtes de police, de gendarmerie ou de douanes.

La contrepartie est concrète. Un tel outil peut aider les enquêteurs à reconstituer un passage, vérifier une plaque, croiser un horaire et refermer une piste. Il peut aussi rendre visible une réalité que les habitants connaissent déjà : dans l’Eure, la sécurité se joue souvent sur des routes qui relient Évreux, Gisors, l’Île-de-France, l’Oise, l’Eure-et-Loir ou la Seine-Maritime. Mais ce gain d’enquête repose sur une collecte très large de traces ordinaires, celles des véhicules passant devant les caméras, pas seulement celles des suspects.

Le choix du Département est donc cohérent avec le problème qu’il dit vouloir traiter : une délinquance mobile appelle un outil de passage plutôt qu’un simple regard fixe sur un centre-ville. Son intérêt se mesurera désormais dans les usages : réquisitions, suites judiciaires, contrôles internes, transparence des consultations. À Gisors, pour l’instant, le changement tient à un mât, une route, une plaque lue, et une ville de bordure désormais raccordée à la ceinture routière de l’Eure.

Sources consultées
  1. Département de l’EureVidéoprotection : Gisors intègre la ceinture de sécurité départementale
  2. Département de l’EureVidéoprotection des routes de l’Eure
  3. Département de l’Eure96 nouvelles caméras pour lutter contre la délinquance dans l’Eure
  4. Département de l’EureUne ceinture de caméras pour scanner les accès du département
  5. CNILLa vidéoprotection