À Évreux, le sujet tient d’abord dans un petit objet que des millions de patients connaissent par cœur : l’inhalateur. Dans les ateliers GSK, plus de 40 000 doses fabriquées sur place sont utilisées chaque minute par des patients dans le monde, selon le groupe. C’est cette usine-là qui apparaît dans la nouvelle annonce française du laboratoire.
Le dossier Choose France 2026 indique que GSK prévoit près de 140 millions d’euros d’investissements supplémentaires en France. Mais ce chiffre ne va pas à Évreux. Dans le détail public, 74,1 millions d’euros sont consacrés au renforcement de trois sites industriels : Évreux, Mayenne et Saint-Amand-les-Eaux. Le reste, 63,6 millions, ira à la recherche et développement.
La part euroise n’est pas publiée. Il faut donc éviter le raccourci facile : l’usine d’Évreux ne reçoit pas 140 millions d’euros, du moins rien ne le prouve à ce stade. L’annonce confirme autre chose : le site reste dans le périmètre productif que GSK veut renforcer en France.
Évreux n’est pas un atelier secondaire. Le site emploie 1 065 collaborateurs, produit des médicaments inhalés contre l’asthme et la BPCO, exporte près de 90 % de sa production vers plus de 120 pays et a sorti 135 millions d’unités en 2024. Pour Évreux, c’est une industrie mondiale installée dans le paysage quotidien.
La trajectoire la plus concrète est déjà engagée. GSK indique que le site eurois prépare l’industrialisation d’une nouvelle formulation bas carbone d’un inhalateur à gaz propulseur. L’enjeu n’est pas cosmétique : ce type d’inhalateur représente, selon le groupe, près de la moitié de son empreinte carbone mondiale. La nouvelle formulation pourrait réduire cet impact d’environ 90 %. En 2023, Évreux avait été choisi pour produire cette version, avec près de 350 millions d’euros prévus d’ici fin 2025 pour installer trois lignes dédiées.
L’enveloppe 2026 s’ajoute à ces programmes en cours, sans dire encore ce qu’elle donnera exactement dans l’Eure. La vérification locale tient désormais à des questions très concrètes : quelles lignes seront concernées, quel calendrier industriel, quels besoins en techniciens, opérateurs qualifiés, maintenance, qualité ou ingénierie.
Pour Évreux, la prochaine nouvelle utile ne sera donc pas un grand chiffre repris tel quel depuis Paris. Ce sera le nom des équipements, le rythme des travaux et les métiers qu’il faudra faire tourner autour. À Évreux, l’annonce deviendra locale quand elle aura un atelier, un calendrier et des métiers derrière elle.