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À Bernay, le plan climat doit passer l’épreuve du quotidien rural

L’Intercom Bernay Terres de Normandie met à jour son plan climat. En jeu : maisons anciennes, trajets en voiture, agriculture, énergie et priorités de 75 communes.

Maisons anciennes et haies

Dans les 75 communes de Bernay Terres de Normandie, le prochain plan climat devra parler autant des maisons anciennes que des trajets en voiture, des bâtiments publics, des haies, des zones humides ou des zones d’activité. C’est à cette échelle que le sujet prend corps.

L’Intercom a publié le 29 mai un marché pour mettre à jour son Plan Climat Air Énergie Territorial. Deux lots sont prévus : l’un pour la concertation, l’autre pour l’évaluation environnementale stratégique. Les offres sont attendues jusqu’au 15 juin. La mission doit courir du 1er septembre 2026 au 31 août 2027.

Le premier PCAET de Bernay Terres de Normandie avait été approuvé en 2020, pour six ans. La révision qui s’ouvre doit préparer le cycle suivant, 2026-2032. Elle arrive après un bilan à mi-parcours réalisé en 2025 et après plusieurs années d’actions déjà engagées sur l’habitat, l’énergie, l’eau, les sols ou la biodiversité.

L’intérêt n’est pas seulement de produire un nouveau document. Dans un territoire rural et de petites villes, la politique climatique se joue souvent dans des arbitrages très ordinaires : isoler un bâtiment communal ou repousser les travaux, aider les propriétaires d’un bâti ancien, rendre une zone d’activité moins énergivore, restaurer une mare, planter des haies, organiser une mobilité qui ne suppose pas toujours deux voitures par foyer.

Le diagnostic du précédent PCAET pointait déjà les grandes contraintes locales. Les transports routiers, le résidentiel et l’agriculture occupent une place majeure dans les consommations d’énergie et les émissions. La MRAe avait aussi rappelé la dépendance du territoire à la voiture et l’importance du bâti ancien. Autrement dit, le plan climat ne se joue pas seulement dans des objectifs à l’horizon 2030. Il se joue dans les routes que l’on prend, les maisons que l’on chauffe et les équipements publics qu’il faut entretenir.

La concertation dira jusqu’où habitants, communes, entreprises, agriculteurs ou associations pourront faire valoir leurs priorités. L’évaluation environnementale, elle, devra vérifier si les actions proposées tiennent ensemble et si elles ne déplacent pas les problèmes : protéger les sols sans bloquer tout aménagement, réduire les consommations sans oublier les contraintes de déplacement, adapter les bourgs à la chaleur sans multiplier les promesses difficiles à financer.

C’est le bon test pour ce type de plan. Il ne décide pas tout. Il ne remplace ni les budgets communaux, ni les choix d’urbanisme, ni les travaux que chaque collectivité devra réellement engager. Mais il peut éviter que les décisions avancent chacune dans leur coin.

À Bernay Terres de Normandie, le marché public lance donc une année assez discrète, mais utile : celle où le climat devra quitter la grande case “transition” pour se ranger dans les priorités du quotidien. Le bon dossier, au bon endroit, pas dans le tiroir du bas.

Sources consultées
  1. France Marchés / BOAMPAvis de marché - Avis n°26-52801 du 29/05/2026
  2. Intercom Bernay Terres de NormandieConseil communautaire du 28/05/2026
  3. Intercom Bernay Terres de NormandieAnnonce stagiaire stratégie climatique et décarbonation
  4. MRAe NormandieAvis délibéré n°2019-3407 sur l’élaboration du PCAET de l’Intercom Bernay Terres de Normandie
  5. Intercom Bernay Terres de NormandieRapport développement durable 2024