Un fossé qui déborde, une mare qui s’envase, une haie disparue le long d’un chemin : ces petits morceaux de paysage se remarquent souvent quand ils ne font plus leur travail. Autour d’Évreux, ils reviennent dans un outil très concret de l’action publique : le bon de commande.
Évreux Portes de Normandie a publié le 28 mai un nouvel avis pour des travaux d’aménagements et de gestion de milieux naturels. La consultation est ouverte jusqu’au 22 juin. Elle porte sur un accord-cadre d’un an, avec un montant annuel annoncé de 198 000 € TTC.
Le marché est divisé en deux lots. Le premier concerne les aménagements bocagers et l’hydraulique douce : haies, écoulements, petits ouvrages capables de ralentir l’eau plutôt que de la laisser filer. Le second vise la restauration et la gestion d’espaces naturels. En clair, il ne s’agit pas d’un chantier unique, mais d’une capacité à commander des interventions dispersées, selon les besoins du territoire.
L’intérêt local est là : l’accord-cadre transforme des besoins dispersés en interventions possibles. Évreux Portes de Normandie regroupe 74 communes, avec une ville-centre, des bourgs, des plateaux agricoles, des vallées et des espaces boisés. L’agglomération dit avoir recensé 1 100 mares sur son territoire, dont 87 restaurées depuis 2018. À cette échelle, l’entretien écologique n’est pas une affaire abstraite : il touche aux chemins, aux fossés, aux sols, aux ruissellements et aux petits réservoirs de biodiversité.
Le nouvel avis prolonge aussi un sujet déjà apparu mi-mai, quand un précédent marché de milieux naturels d’Évreux Portes de Normandie avait calé avant les travaux. La différence, cette fois, tient au mouvement : l’agglomération remet un cadre d’intervention en circulation, avec deux lots ciblés et une échéance de consultation.
Il reste une limite importante. L’avis ne permet pas encore de savoir quelles communes utiliseront l’accord-cadre, ni quels sites passeront en premier. Mais il montre une chose simple : l’adaptation locale ne se joue pas seulement dans les plans et les cartes. Elle se joue aussi dans la capacité à envoyer une entreprise refaire une mare, reprendre un fossé ou replanter une haie. Ce n’est pas une politique que l’on inaugure avec un ruban. Mais quand l’eau arrive au mauvais endroit, une haie, une mare ou un fossé reprennent vite de l’importance.