Dans la nef de l’abbatiale de Bernay, vingt-quatre sacs bleu clair se gonflent et se dégonflent comme une respiration mécanique. À Sainte-Croix, des basses profondes dialoguent avec des bougies. Dans le jardin de l’abbaye et sur la place Gustave-Héon, des mouettes lumineuses, des façades et des mouvements de lumière donnent au centre-ville un air légèrement décalé.
Il reste peu de temps pour voir Magnetik. Le festival se termine dimanche 31 mai, avec deux manières d’en profiter : une balade gratuite parmi les installations d’arts numériques, ou deux soirées plus festives, vendredi 29 et samedi 30 mai, autour des concerts et performances place Gustave-Héon.
La force du programme tient à ses lieux. Magnetik ne pose pas seulement une scène au milieu de Bernay. Il utilise l’abbatiale, Sainte-Croix, le jardin de l’abbaye et les espaces publics comme matière de jeu. Pour une ville surtout connue par ses vieilles pierres, le contraste fonctionne : les œuvres ne décorent pas le patrimoine, elles le bousculent gentiment.
Le week-end ajoute une dimension plus directe : rap, électro, danse, scénographies immersives, projection et freestyle. Myd, Barbara Butch, Eve La Marka, Juste Shani ou Maddy Street figurent notamment dans la programmation des deux dernières soirées. Samedi, la salle capitulaire accueille aussi un temps autour de la vidéo et de l’improvisation, avec la Compagnie 6e Dimension.
L’autre bonne idée est moins visible sur une affiche, mais très utile : les navettes. Des trajets gratuits sont prévus dans Bernay de 19h30 à 22h, puis de minuit à 1h30 pour les retours. Deux lignes de cars gratuites desservent aussi plusieurs communes autour de Bernay. Pour une sortie de soir en petite ville, ce genre de détail change tout : on ne se demande pas seulement quoi voir, mais comment rentrer.
Magnetik garde donc une promesse simple pour son dernier week-end : une balade gratuite si l’on veut juste passer voir, une soirée de concerts si l’on veut rester, et quelques œuvres assez étranges pour donner envie de lever les yeux. Bernay a encore jusqu’à dimanche pour faire respirer ses sacs, vibrer ses bougies et laisser voler ses mouettes.