À la rentrée 2026, des écoles d’Évreux, du secteur de Saint-André/Pacy-sur-Eure et de celui du Neubourg/Bourg-Achard pourraient disposer d’un appui médico-social plus proche. Pas un guichet de plus. Plutôt une équipe capable de venir aider quand une situation de handicap dépasse ce qu’une classe peut régler seule.
L’ARS Normandie lance un appel à candidatures pour créer trois équipes médico-sociales d’appui à la scolarisation dans l’Eure. Les dossiers doivent être déposés avant le 28 mai, avec un comité de sélection prévu le 22 juin.
Ces équipes, souvent appelées EMAS, ne remplacent ni les enseignants, ni les accompagnants d’élèves en situation de handicap, ni la maison départementale des personnes handicapées. Leur rôle est plus pratique: conseiller une école, former des professionnels, observer une situation, aider à ajuster les réponses et, si besoin, intervenir ponctuellement auprès d’un élève avec l’accord de sa famille.
Le format dit bien la portée du dispositif. Chaque équipe dispose de 100 000 euros par an, pour environ deux équivalents temps plein. Ce n’est pas une présence permanente dans les établissements. C’est une ressource mobile, spécialisée, attendue au bon moment, avant qu’une difficulté ne s’installe.
Dans l’Eure, l’enjeu a déjà une vraie taille. À la rentrée 2023-2024, 5 564 élèves en situation de handicap étaient scolarisés dans le département, dont 89% en milieu ordinaire, selon les chiffres 2025 de l’ORS-CREAI Normandie. Six EMAS étaient déjà recensées dans l’Eure en septembre 2025. Les trois créations annoncées complètent donc un maillage existant, en visant trois secteurs précis.
L’aide spécialisée se rapproche ainsi des lieux de vie, et donc de l’école, au lieu de rester à distance dans des circuits séparés. C’est aussi l’esprit des pôles d’appui à la scolarité, appelés à devenir un point d’entrée plus lisible pour les familles et les équipes éducatives.
Après le handisitting en Seine-Eure, qui posait la question de la garde à domicile, ce nouvel appel ramène le sujet dans la journée de classe. Même question de fond, autre porte d’entrée: qui vient aider quand la bonne volonté ne suffit plus?
Reste une mesure très simple. Quand une situation se tendra dans une école d’Évreux, de Pacy ou du Neubourg, l’appui arrivera-t-il assez tôt pour changer la journée de classe? C’est moins brillant qu’un slogan sur l’inclusion. C’est probablement plus utile.