Dans le bâtiment B12 de Maigremont, l’offre ne commence pas par des bureaux. Elle commence par des laboratoires, une unité pilote, des locaux techniques et un espace de stockage pour la recherche et développement.
C’est ce que l’Agglo Seine-Eure met désormais en avant à Val-de-Reuil: 6 000 m² disponibles sur un site déjà marqué par l’industrie pharmaceutique. D’après la plaquette de commercialisation, le bâtiment comprend notamment 1 900 m² de laboratoires, 1 990 m² de bureaux, 1 100 m² d’entrepôt de recherche et développement, une unité pilote et des locaux techniques.
Pour une entreprise pharmaceutique, cosmétique ou biotech, ce genre de local n’est pas interchangeable avec un plateau tertiaire classique. Un laboratoire, une salle adaptée aux essais ou une petite unité de production test peuvent faire gagner du temps au moment où une jeune société doit passer de l’idée au prototype, puis du prototype à des lots de plus grande taille. À Maigremont, l’argument n’est donc pas seulement la surface. C’est la promesse d’arriver dans un lieu qui parle déjà le langage du secteur.
Le site a aussi une histoire. En février, l’Agglo a racheté 7 hectares à Kenvue, sur un ensemble de 20 hectares passé auparavant par Janssen puis Johnson & Johnson. L’opération permet à Novalix, laboratoire de recherche sous contrat déjà présent à Val-de-Reuil, de rester sur place. Elle laisse aussi à l’intercommunalité une marge pour accueillir d’autres entreprises.
Pour Seine-Eure, l’enjeu est très concret. Le territoire revendique plus de 10 000 emplois dans son pôle pharma. Mais attirer de nouvelles activités ne consiste pas seulement à afficher une proximité avec Rouen ou Paris. Il faut des locaux, des équipements, des accès, des contraintes techniques déjà anticipées. Dans ces métiers, un bâtiment bien adapté vaut mieux qu’un long argumentaire.
Ce nouvel angle permet aussi de ne pas refaire le précédent papier de La Clé Publique sur l’industrie de l’est de l’Eure, de Maigremont aux Andelys. Ici, la question est plus précise: que peut réellement produire ce bâtiment B12 pour Val-de-Reuil? Des loyers? Des emplois qualifiés? Des sous-traitants locaux? Une continuité pour des savoir-faire déjà présents? Pour l’instant, les futurs occupants, les calendriers d’installation et les effets sur l’emploi ne sont pas encore connus publiquement.
Maigremont n’est donc ni une friche sauvée, ni une success story déjà écrite. C’est un outil prêt à être testé. Et dans l’industrie, un outil ne prouve sa valeur qu’une fois quelqu’un au travail autour.