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À Gisors, Meca-Inox ajoute une base espagnole à son jeu industriel

Meca-Inox, à Gisors, a acquis Bac Valves, fabricant espagnol de vannes. Derrière le rachat, une carte simple: Gisors, Figueres, Dalian.

Illustration de vannes industrielles

Rue de la Haute Borne, à Gisors, Meca-Inox fabrique des pièces que le grand public ne voit presque jamais: des vannes industrielles. Elles partent ensuite dans des installations chimiques, des lignes agroalimentaires, des sites de gaz, des usages cryogéniques. Pas exactement le genre d’objet qu’on photographie au marché du samedi. Mais quand une vanne compte, elle compte vraiment.

Le groupe eurois vient d’y ajouter une base espagnole. Il a acquis Bac Valves, une société installée à Figueres, en Catalogne. L’opération est effective depuis le 14 avril 2026, selon Bac Valves, qui présente ce rapprochement comme un moyen de renforcer ses moyens financiers, sa gouvernance et son développement international.

Le trajet résume l’affaire: Gisors, Figueres, Dalian. Meca-Inox possède son site industriel eurois dans la zone du Mont de Magny. Les données publiques situent l’établissement de Gisors dans une tranche de 50 à 99 salariés, et la société dans une tranche de 100 à 199 salariés en 2023. Le groupe revendique une histoire commencée en 1955 par la famille Beurel, avec un site chinois à Dalian ouvert en 2007, puis un site de production à Gisors en 2015.

Bac Valves apporte une autre branche du même métier. L’entreprise espagnole revendique plus de 100 salariés, plus de 95 % de son activité à l’export et plus de 3 millions de vannes installées. Elle fabrique notamment des vannes à boisseau sphérique et des vannes papillon pour la chimie, la pétrochimie, le gaz, le maritime, le process industriel ou la cryogénie. Elle possède aussi une filiale à Dalian, en Chine.

Ce n’est donc pas seulement une PME normande qui “se développe à l’international”, formule utile, mais trop molle pour ce cas précis. C’est une entreprise de Gisors qui renforce un réseau déjà très spécialisé, entre l’Eure, l’Espagne et la Chine. Dans ce métier, on ne vend pas seulement une pièce. On vend de la fiabilité, des délais, des certifications, une capacité à répondre à des usages précis, parfois dans des environnements où la panne coûte cher.

L’intérêt local tient là. L’industrie euroise ne se limite pas aux grands sites repérables depuis la route ou aux annonces spectaculaires. Elle existe aussi dans ces entreprises plus discrètes, dont les produits circulent loin du territoire sans que leur nom soit familier au lecteur. Meca-Inox ne fabrique pas une image industrielle. Elle fabrique des objets qui doivent fermer, ouvrir, tenir la pression et ne pas faire parler d’eux.

La suite dira si ce rachat change quelque chose à Gisors: recrutements, investissements, organisation, nouvelles commandes. Les sources disponibles ne permettent pas de l’affirmer aujourd’hui. Mais l’opération donne déjà une lecture nette de ce que peut être une PME industrielle de l’Eure en 2026: un atelier local, des marchés mondiaux, et une ambition qui passe par un objet peu glamour, mais essentiel quand il faut produire sans fuite ni arrêt. Une vanne, donc. Pas de quoi lancer tous les dîners, sauf quand la conversation finit par tourner autour des gaz, des joints et de la cryogénie.