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À Seine Normandie Agglomération, les déchets vont repasser par la case calcul

SNA a confié à AJBD une mission pour optimiser la gestion des déchets : tournées, tri, compostage, points d’apport et service dans 61 communes.

Bacs de tri dans l’Eure

Le même bac jaune ne raconte pas la même histoire à Vernon, dans un bourg des Andelys ou au bout d’une petite route communale. Ici, il faut absorber les emballages d’un immeuble. Là, desservir quelques maisons plus éloignées. Ailleurs, expliquer où va le verre, que faire des déchets verts, ou comment utiliser un composteur collectif sans transformer le local poubelle en expérience scientifique.

C’est ce quotidien que Seine Normandie Agglomération veut remettre à plat. L’agglomération a confié une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’accompagner dans l’optimisation de la gestion des déchets ménagers et assimilés. L’avis d’attribution, publié le 13 mai, indique que le lot déchets revient à AJBD, avec un premier marché subséquent de 58 975 euros hors taxes. L’accord-cadre prévoit un montant maximum annuel de 250 000 euros hors taxes.

Derrière le mot “optimisation”, il n’y a donc pas seulement un tableau de bord. Il y a des tournées à comparer, des fréquences à interroger, des équipements à placer au bon endroit, des consignes à rendre compréhensibles et des coûts à tenir. Le service doit fonctionner pour près de 85 000 habitants, répartis dans 61 communes. C’est beaucoup de situations différentes pour une règle qui doit rester simple : trier correctement, sortir le bon bac, ne pas passer son samedi à chercher où déposer ce qui ne rentre plus dans le coffre.

SNA dispose déjà d’une organisation assez lisible sur le papier. Son site présente deux bacs principaux, l’un pour les ordures ménagères, l’autre pour les emballages recyclables. Il indique aussi 257 points d’apport volontaire pour le verre et 30 pour le textile. Pour les biodéchets, l’agglomération propose des kits de compostage individuel à tarif préférentiel aux foyers avec jardin et installe progressivement des composteurs collectifs pour les logements sans extérieur.

Toute la difficulté est là : ce qui paraît simple dans une consigne devient vite très pratique, donc très local. Un foyer avec jardin n’a pas le même rapport aux biodéchets qu’un appartement. Une commune dense ne se collecte pas comme un hameau. Une colonne à verre trop loin, un calendrier mal compris ou une déchèterie saturée peuvent suffire à dégrader un service que chacun juge d’abord à hauteur de trottoir.

Le contexte normand donne un peu de poids au sujet. Selon l’Insee, la région collecte davantage de déchets ménagers par habitant que la moyenne métropolitaine, avec une part importante de déchets verts, de biodéchets et d’encombrants. Pour SNA, mieux organiser la collecte ne veut donc pas seulement dire gagner quelques kilomètres de tournée. Cela peut aussi aider à orienter les bons déchets vers les bons circuits, avant qu’ils ne deviennent un problème plus coûteux à traiter.

L’avis d’attribution ne permet pas encore d’annoncer un changement des jours de collecte, une nouvelle fréquence, une tarification différente ou une modification des points d’apport. Ce serait aller trop vite. Il dit surtout que l’agglomération se donne un outil pour examiner le service avant de trancher.

Le sujet rejoint aussi la question financière ouverte récemment à SNA avec le pacte financier et fiscal. Les déchets en donnent une version très concrète. La solidarité entre communes ne se voit pas seulement dans les budgets : elle se mesure aussi dans les kilomètres parcourus, les équipements partagés, les habitudes de tri et le niveau de service que chacun peut comprendre.

Pour les habitants, le résultat se jugera de façon plus modeste. Le bon bac au bon endroit. Une tournée qui passe quand elle doit passer. Une consigne qui ne demande pas un diplôme en déchets ménagers. Dans ce domaine, l’efficacité commence souvent par une chose très simple : ne pas avoir à se demander, le matin, si la poubelle aurait dû sortir la veille.