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Haies, mares, fossés : autour d’Évreux, le marché des milieux naturels cale avant les travaux

Évreux Portes de Normandie avait prévu jusqu’à 1 million d’euros pour haies, mares et fossés. Les deux lots ont finalement été déclarés sans suite.

Haie, mare et fossé normands

Évreux Portes de Normandie avait prévu jusqu’à 1 million d’euros pour intervenir sur ses milieux naturels. Pas pour un simple embellissement communal : le marché visait des haies, des aménagements contre le ruissellement, des espaces naturels à restaurer ou à gérer, sur un territoire de 74 communes.

Pour l’instant, rien n’a été attribué. L’avis de résultat publié le 13 mai au Bulletin officiel des annonces des marchés publics indique que les deux lots du marché ont été déclarés sans suite. Le premier portait sur les travaux d’aménagements bocagers et d’hydraulique douce. Le second sur la restauration et la gestion d’espaces naturels. Trois offres avaient été reçues pour chaque lot.

Le montant maximal annoncé au départ était de 500 000 euros TTC par lot, soit 1 million d’euros au total. Le contrat devait durer douze mois et fonctionner par bons de commande : l’agglomération aurait pu activer les prestations au fil de ses besoins, sans relancer une consultation complète à chaque intervention.

Une déclaration sans suite ne dit pas, à elle seule, que le besoin disparaît. Elle signifie que l’acheteur ne conclut pas le marché en l’état. Le motif n’est pas précisé dans l’avis publié. Évreux Portes de Normandie peut donc retravailler son dossier, relancer plus tard ou choisir une autre solution. Côté habitants, le point à retenir est plus simple : les travaux prévus sur ces milieux naturels attendront encore.

Ces travaux ont pourtant une réalité très concrète. Dans son bilan 2025 consacré à la gestion des milieux aquatiques et à la prévention des inondations, l’agglomération décrit l’hydraulique douce comme une manière de ralentir le ruissellement, limiter l’érosion des sols, stocker ou infiltrer de petits volumes d’eau. Les ouvrages cités sont modestes et très parlants : haie, fascine, talus busé, mare tampon, bande enherbée, fossé à redents. Rien de spectaculaire, mais précisément le genre de choses qui compte quand l’eau descend trop vite des parcelles et des chemins.

Le même bilan donne déjà quelques exemples locaux. En 2025, un plan d’hydraulique douce a été finalisé à Bretagnolles. Le programme “Mare”, lancé sur le territoire depuis 2017, a permis de restaurer dix mares communales en 2025, pour un montant de 135 361,28 euros TTC, avec un financement de l’Agence de l’eau Seine-Normandie à hauteur de 80 %.

Le marché interrompu ne permet pas de savoir quels sites auraient été traités en priorité. Il ne faut donc pas lui faire dire plus que ce qu’il dit. Mais il éclaire bien une mécanique souvent invisible : entre la décision de protéger des milieux naturels et le chantier au bord d’un champ, d’un chemin ou d’une mare, il y a des lots, des prix, des offres, parfois une relance. Avant de reprendre son souffle, la nature locale devra donc repasser par un peu de paperasse.