À partir du 23 mai, un visiteur pourra commencer par le musée d’Art, Histoire et Archéologie, suivre une exposition ouverte pendant la Nuit des musées, puis retrouver la Biennale au fil de l’été au jardin botanique, au cloître, à la Maison des Arts ou dans les médiathèques. À Évreux, l’idée n’est pas de demander au public de venir jusqu’à un seul lieu culturel. C’est de mettre le parcours sur son chemin.
La Biennale d’art contemporain est programmée jusqu’au 20 septembre 2026. Son thème, “comment regarder le paysage aujourd’hui ?”, pourrait rester très large. Il prend une forme plus simple quand on le rapporte aux lieux annoncés: jardins, places, squares, musée, cloître, Maison des Arts, médiathèques Rolland-Plaisance et de Nétreville. Le paysage, ici, n’est pas seulement un sujet d’exposition. C’est aussi la ville que l’on traverse.
Pour Évreux, l’enjeu est concret. Ville préfecture d’environ 48 000 habitants, labellisée Ville d’art et d’histoire en 2024, elle dispose déjà d’un patrimoine ancien, d’un musée gratuit et d’équipements culturels identifiés. Une biennale peut aider à relier ces lieux, à condition que le parcours reste lisible pour ceux qui ne suivent pas l’actualité artistique.
Le programme semble avoir prévu cette porte d’entrée. Des kits gratuits pour les enfants sont annoncés au musée, à la Maison des Arts, au Comptoir des Loisirs et à la médiathèque Rolland-Plaisance. Des ateliers de dessin dans le jardin botanique, des visites guidées du parcours en ville, des activités dès 3 ans, une artothèque autour du paysage et du cinéma en plein air complètent l’ensemble.
Cette dimension familiale compte. L’art contemporain intimide vite lorsqu’il donne l’impression d’être réservé à ceux qui savent déjà quoi regarder. À Évreux, il ne peut pas compter seulement sur le public convaincu. Il doit être repérable, praticable, assez accueillant pour que l’on ose s’arrêter devant une œuvre sans chercher immédiatement le cartel comme une bouée de sauvetage.
La réussite de cette Biennale se jouera donc moins dans le nombre de rendez-vous que dans la facilité du parcours. Si les œuvres restent visibles, si les lieux se répondent et si les familles trouvent réellement de quoi entrer dans le programme, Évreux aura plus qu’un agenda culturel de début d’été. Elle aura donné aux habitants une raison simple de refaire le tour de leur propre ville, même sans avoir révisé l’art contemporain avant de sortir.