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Déviation sud-ouest d’Évreux: un œil extérieur sur l’écologie du chantier

La DREAL Normandie confie à Actierra le contrôle écologique de la déviation sud-ouest d’Évreux, pour suivre les engagements pris sur le terrain.

Chantier routier et zone humide

À côté de l’hippodrome d’Évreux, une zone humide de 1 940 m² a été recréée pour compenser une partie des effets de la future déviation sud-ouest. Plus loin, le tracé croise la vallée de l’Iton, approche la forêt d’Évreux et traverse des secteurs où un chantier routier doit aussi composer avec l’eau, les haies, les oiseaux et les périodes de reproduction.

C’est dans ce décor très concret que s’inscrit le marché attribué par la DREAL Normandie pour le « contrôle extérieur environnement et génie écologique » de la RN13. Le contrat, estimé à 960 000 euros sur 48 mois, a été confié à Actierra. Sa mission consiste à assister l’État et la maîtrise d’œuvre pour suivre les engagements environnementaux du projet, pendant les études comme pendant les travaux.

La déviation elle-même est un chantier structurant: 7,3 km de voie express à 2x2 voies, six communes concernées, cinq points d’échanges, seize ouvrages d’art, cinq bassins de récupération et de traitement des eaux de ruissellement. Ce sont les chiffres visibles du dossier. Le contrôle écologique porte, lui, sur ce qui se voit moins: les milieux à protéger, les périodes de chantier à respecter, les eaux de ruissellement à encadrer, les espèces à surveiller.

L’eau a déjà fait l’objet d’un marché spécifique autour de l’Iton, traité récemment par La Clé Publique dans cet article. Le nouveau contrat est plus large. Il concerne la surveillance environnementale du chantier dans son ensemble: habitats naturels, chauves-souris, oiseaux protégés, espèces végétales sensibles, plantes invasives, mesures de réduction ou de compensation.

Le dossier de la pie-grièche écorcheur montre bien pourquoi ce suivi compte. Fin 2025, la présence de cet oiseau protégé a été relevée sur le tracé de futurs travaux, entraînant une consultation publique pour adapter la dérogation espèces protégées. Ce n’est pas une parenthèse naturaliste. Sur un grand chantier routier, une espèce repérée au mauvais endroit, au mauvais moment, peut changer le calendrier, les précautions et parfois les travaux eux-mêmes.

Le contrôle extérieur ne rend pas la déviation sans impact. Il ne transforme pas non plus un projet routier en promenade botanique. Son utilité est simple: documenter, vérifier, alerter si nécessaire. Pour les habitants, cela ne dira pas seulement quand la route avancera. Cela dira aussi si les promesses faites autour de l’Iton, de la forêt, des zones humides et des espèces protégées restent des lignes dans un dossier, ou deviennent de vrais contrôles de chantier. La différence tient parfois à peu de chose: un piquet bien placé, un bassin surveillé, un oiseau qu’on n’a pas fait semblant de ne pas voir.