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Dans l’Eure, un nouveau préfet face aux dossiers déjà ouverts

Xavier Delarue a pris ses fonctions de préfet de l’Eure. Routes, santé, communes et industrie attendent déjà l’État local.

Préfecture et dossiers locaux dans l’Eure

À Évreux, la prise de fonctions a commencé par un geste réglé: une gerbe au cimetière Saint-Louis, quelques mots, le cérémonial républicain. Puis viennent les dossiers déjà posés sur la table.

Xavier Delarue, ancien préfet de la Meuse, a été nommé préfet de l’Eure à compter du 6 mai 2026. Il succède à Charles Giusti, parti dans la Vienne. Dans le même mouvement administratif, Myriam Leheilleix a pris ses fonctions de sous-préfète des Andelys. La nouvelle peut sembler lointaine pour beaucoup d’habitants. Elle l’est moins quand on regarde ce qui passe encore par l’État dans le département.

Un préfet ne remplace pas les maires. Il ne décide pas seul des projets du territoire. Mais il tient une place que les communes connaissent bien: faire dialoguer les services de l’État, suivre les grands chantiers, organiser les réponses en cas de crise, accompagner les collectivités, sécuriser des procédures et, parfois, remettre du mouvement dans un dossier enlisé.

Dans l’Eure, Xavier Delarue arrive avec quatre priorités annoncées: sécurité, économie et emploi, appui aux projets des collectivités, solidarité et accès aux services publics. Ces priorités restent larges, mais elles recoupent bien les sujets qui l’attendent.

La déviation sud-ouest d’Évreux en est un bon exemple. Le chantier ne relève pas seulement d’un tracé sur carte. Pour les habitants, il touche au trafic, au bruit, aux temps de trajet et aux travaux qui durent. Fin 2025, la préfecture indiquait qu’un problème géotechnique sur un ouvrage du demi-échangeur de Saint-Sébastien-de-Morsent avait modifié le calendrier, avec un redémarrage envisagé au deuxième trimestre 2026 et une mise en service plutôt attendue en 2029 ou 2030. Ce genre de dossier montre ce que l’État local doit faire dans la durée: tenir le fil technique, administratif et environnemental, sans perdre les communes ni les riverains en route.

L’accès aux soins raconte une autre part du même sujet. Le Département pousse ses centres Doct’Eure, passés de 5 000 consultations en 2023 à 27 000 en 2024, et annonce de nouvelles installations de médecins. Cela ne suffit pas à régler la fragilité médicale du territoire. La préfecture ne crée pas des praticiens par décret, mais elle reste dans la boucle avec l’Agence régionale de santé, les élus et les services publics quand il faut organiser une réponse territoriale plutôt qu’empiler des annonces.

Aux Andelys, le changement de sous-préfète mérite aussi d’être regardé de près. L’arrondissement se trouve à la croisée de communes rurales, de la vallée de Seine, de projets économiques et d’enjeux de mobilité. L’annonce par Hermès d’une future maroquinerie aux Andelys, avec 260 emplois d’artisans prévus à terme, donne un exemple très concret de ces dossiers où l’État, les collectivités, l’entreprise et les acteurs de l’emploi doivent avancer ensemble.

Le calendrier politique compte aussi. Après les municipales, beaucoup de maires et d’intercommunalités entrent dans un nouveau mandat avec des projets à défendre, des financements à chercher, des arbitrages à obtenir. La préfecture avait d’ailleurs justifié la modification récente de certaines limites d’arrondissement par un objectif très simple: donner aux communes d’un même bassin de vie le même sous-préfet comme interlocuteur de l’État.

L’effet d’un préfet se mesure rarement du jour au lendemain. Dans l’Eure, il se verra plutôt dans des choses moins spectaculaires: un chantier qui repart, une commune qui trouve le bon interlocuteur, une réunion qui débloque un calendrier, un service public qui tient un peu mieux. C’est moins visible qu’une cérémonie. C’est là que les habitants pourront mesurer la différence.